Tout sur tout et réciproquement...

Interview de l'entraîneur d'Alain Bernard

Propos recueillis par Axel CAPRON
De Sports.fr, à Pékin


La récompense de huit ans de travail. Interrogé devant le Cube d'Eau, magnifique écrin pour un triomphe olympique, sur la course d'Alain Bernard en finale du 100 mètres, son entraîneur Denis Auguin, grillant cigarette sur cigarette, ne cachait pas jeudi son émotion. D'autant que la route a été longue pour en arriver là...


Comment s'est passée cette journée jusqu'à ce titre sur 100 mètres pour Alain Bernard?
Lever 6h30, petit déjeuner vers 7h, il n'a rien changé à ses habitudes. Après, on est partis du village vers 8h30 et on a répété ce qu'on fait d'habitude: une heure et demie avant, on a commencé l'échauffement. Physiquement et techniquement, il n'y a aucun souci depuis trois semaines. Ensuite, au moment de se quitter, je lui ai juste dit: "Fais-toi plaisir."

Quelle était l'ambiance au réveil?
On a bien rigolé au petit déjeuner, il y avait Christophe, le kiné, qui n'est pas le fils de Francis Blanche mais pas loin, il a balancé quelques conneries, après on a enchaîné, c'était assez détendu.

Il a dit que sur le plot, il avait eu les jambes qui tremblaient. Etait-il nerveux?
Nerveux, oui, comme tous. Mais pas tant que ça apparemment, parce qu'il maîtrise parfaitement ce qu'il fait tout au long de la course. Evidemment, on ne monte pas sur un plot en finale des Jeux sans être nerveux. Après, cette nervosité peut vous permettre d'être très fort, il a bien réussi à la canaliser.

Qu'avez-vous ressenti une fois le titre dans la poche?
Sur le moment, c'est beaucoup de plénitude. Ce qui revient, ce n'est pas l'exploit sportif, c'est le parcours, l'ensemble, qui me revient au visage de façon très intense. Tout ça, ce n'était pas possible sans ce parcours en commun.

"Il n'a rien lâché depuis huit ans"

Après la course, il a parlé de vous avec beaucoup d'émotion en disant que vous étiez le seul à avoir cru en lui, qu'en dites-vous?
C'est sans doute vrai. 2004 n'a pas été facile, il rate la qualifications aux Jeux, il a été malade toute l'année, mononucléose, toxoplasmose, il se posait des questions sur ce qu'il pouvait faire. Malgré la maladie, ce n'est pas facile d'aller aux Jeux. Mais il a remis la machine en route comme il a toujours fait, il n'a jamais lâché quoi que ce soit depuis huit ans. Même avec une mononucléose, il n'a pas raté une séance, il faisait ce qu'il pouvait.
Aujourd'hui, ce n'est pas les trois dernières semaines, ce n'est pas les trois derniers mois, c'est huit ans.

Vous dites souvent qu'il apprend vite, a-t-il beaucoup appris dans la finale du relais?
Je crois que là où il a beaucoup appris, c'est la finale du 100 mètres aux Championnats de France. Il a bien compris que la pire des choses, c'était de perdre la course soi-même, il n'avait pas perdu, mais il s'était mis en danger lui-même. Le maître-mot, c'était ça: ne pas perdre la course par soi-même. Après, s'il y a plus fort, il y a plus fort.

Quels ont été les mots pour le relancer?
Il a fallu le déculpabiliser de cette seconde place. Ça paraît paradoxal de lui dire que vice-champion olympique, ce n'est pas de sa faute, c'est un peu débile comme message. Mais oui, il fallait qu'il ne prenne pas sur lui le poids d'une seconde place aux Jeux. C'est un peu schizophrène comme truc!

A aucun moment, vous n'avez prononcé le mot de défaite devant lui?
Pas du tout, ce n'est pas une défaite. On pulvérise le record du monde de 4 secondes, on avait une seconde de retard sur le papier sur les Américains, on finit à 8 centièmes, en plus eux font un truc extraordinaire. Mais voilà, il fait l'erreur d'emmener Lezak dans sa vague tout le long. Mais cette course lui a fait du bien, en terme de défoulement, il a lâché un peu de pression nerveuse. Il était de plus en plus détendu, plus détendu ce matin qu'en séries parce qu'il a vu qu'il était capable de gagner dès les séries.

"La course la plus aboutie au niveau tactique et maîtrise"

Depuis quand sent-il qu'il est capable d'être champion olympique?
Les 48''12 de l'année dernière lui ont fait du bien. Eindhoven (Championnats d'Europe en avril, titre et record du monde à la clé, ndlr), même si après ça n'a pas été facile à gérer, ça pose le personnage, ça montre au monde entier qu'il sera là. Mais je pense que ce sont les huit années. J'oublie sans doute des moments-clés. Il y a un autre moment, il y a très longtemps, une compétition de Coupe de France, il nageait 51 secondes à l'époque. Il me demande: "Combien je vais nager ?" Je luis dis: "50''50". Il rigole, il me dit: "Mais non." Je lui dis: "Mais si, tu vas faire 50''50". Et il nage 50''43, et il gagne la Coupe de France. Depuis, il me dit souvent: "A partir de ce jour-là, quand tu m'as dit un temps, j'ai toujours eu confiance dans ce que tu m'as dit."

Vous a-t-il dit un jour qu'il serait champion olympique?
Non, ce n'est pas son truc. Par contre, il m'a dit: "Je te promets que je ferai tout pour être le meilleur et rien ni personne ne m'en empêchera". Il me le dit tous les trois jours, il me l'a répété cent fois !

Et vous, avez-vous toujours pensé qu'il pouvait être champion olympique?
Oui, bien sûr, maintenant, il fallait faire une super course, il l'a faite. De visu, c'est la course dans un tel contexte la plus aboutie au niveau tactique et maîtrise.

Quelle est la part d'affect dans sa construction et dans vos relations?
Définir les relations qu'on a, c'est extrêmement difficile. Ce n'est pas un ami, ce n'est pas un nageur comme les autres. Il y a beaucoup d'affection, beaucoup de tension parfois entre nous deux, je crois qu'il en a besoin, moi aussi sans doute, on a besoin de temps en temps de se secouer pour continuer à avancer.

Le projet maintenant?
Le projet, ce sont les Championnats du monde certainement. Après, il va falloir gérer le retour d'Alain en France, il va falloir qu'il coupe vraiment. Il aura une reprise de l'entraînement décalée, il ne reprendra pas en septembre, sans doute mi-octobre, pas avant. Après, j'attends de voir les critères de sélection de la FFN pour les Championnats du monde et suivant ces critères de sélection, on adaptera la saison. S'il faut être en forme au mois de mars ou au mois d'août, ce n'est pas pareil.

La natation à travers les siècles (3ème partie : les J.O.)


JO de Paris

Le futur Tarzan du cinéma hollywoodien, l'américain Johnny Weissmuller, gagne deux médailles d'or en natation le 20 juillet. Il est le premier champion à descendre sous la barre des " 1' " au 100m nage libre.

JO d'Amsterdam

Johnny Weissmuller : médaille d'or du 100m nage libre (58''6)

JO de Los Angeles

Hélène Madison bat son propre record du monde au 400m nage libre en 5'28''5, améliorant de deux secondes et demie son ancienne performance et récolte une médaille d'or supplémentaire, après celles obtenues au 100m et 4 x 100.

JO de Berlin

La natation progresse énormément en une olympiade. Le papillon fait d'ailleurs son apparition. A 12 ans, la Danoise Inge Sorensen est la plus jeune médaillée de l'histoire avec le bronze du 200m brasse.

JO d'Helsinki

En 2'34''4, la victoire du 200m brasse revient à l'Australien John Davies. La brasse et le papillon, alors indifférenciés, deviendront des nages distinctes avant les Jeux de 1956.

JO de Melbourne

Les relayeuses australiennes sont victorieuses au relais 4 x 100m et établissent un nouveau record du monde : 4'17''1.

JO de Rome

Sur 100m, l'Australienne Dawn Fraser défend son titre acquis à Melbourne avec succès et facilité. Elle remporte également une médaille d'argent dans les relais 4 x 100m quatre nages (présents pour la première fois au programme olympique) et 4 x 100m nage libre.

JO de Tokyo

Don Schollander est quadruple champion olympique à Tokyo ! L'Américain domine le 100m et le 200m nage libre, puis triomphe lors des relais 4 x 100m et 4 x 200m nage libre.

L'Australienne Dawn Fraser remporte une fois de plus le 100m, ce qui fait d'elle la première, tous sexes confondus, à s'imposer dans la même épreuve de natation trois fois d'affilée aux Jeux.

JO de Mexico

Le relais américain avec Don Schollander, Mark Spitz, John Wilson et Stan Reyrch remportent le 4 x 200m nage libre en 7'52''3, soit 2 centièmes de plus que le record du monde établi aux Jeux de Tokyo par les Etats-Unis (Schollander faisait déjà partie de l'équipe).

A 16 ans, l'Américaine Deborah Meyer domine avec des marges conséquentes les 200, 400 et 800m nage libre. Elle devient la première nageuse à décrocher 3 médailles d'or à titre individuel au cours des mêmes Jeux.
L'Allemand Roland Matthes remporte le finale du 100m dos en 58''7, nouveau record olympique.

JO de Munich

Le nageur américain Mark Spitz s'aligne dans 7 épreuves et affiche un bilan unique dans l'histoire des Jeux : 7 titres olympiques et 7 records du monde !
Un chronométrage au millième donne la victoire au Suédois Gunnar Larsson sur 400m quatre nages, face à l'Américain Alexander McKee. Leur temps : 4'31''9.

JO de Montréal

Les Américains remportent 12 médailles d'or sur 13, et 25 médailles sur 33. Les Allemandes de l'Est ne laissent échapper que les 200m brasse et le relais 4 x 100 m nage libre. Jamais deux nations n'ont de la sorte dominé un sport.

Tandis que l'Américain Jim Montgomery brise le mur symbolique des 50'' au 100m nage libre, son compatriote John Naber est sans pitié sur 100m et 200m dos. Les deux champions font partie des relais américains médaillés d'or au 4 x 100m quatre nages et 4 x 200m nage libre. En 54 ans, l'homme a donc gagné dix secondes puisque Weissmuller avait été le premier sous la minute.

La nageuse est-allemande Kornelia Ender gagne le 200m nage libre. Au total, elle cumule quatre titres, quatre records du monde et une médaille d'argent.
Andrea Pollack fait partie des vedettes de l'équipe de la RDA. Première au 200m papillon; elle se contente du bronze au 100m papillon. Les relais 4 x 100m nage libre et 4 x 100 m quatre nages lui apportent deux médailles supplémentaires (argent et or).
JO de Moscou

Les Allemandes de l'Est obtiennent un triplé sur 100m nage libre. Barbara Krause améliore son record du monde et devance sa cadette Karen Metschuk ainsi qu'Ines Geissler.

JO de Los Angeles

Anne Ottenbrite s'illustre à la brasse. Elle décroche l'or au 200m, l'argent au 100m et obtient le bronze avec l'équipe canadienne au relais 4 x 100m quatre nages.

Michael Gross remporte sa première médaille d'or, battant son propre record du monde au 200m nage libre. Il s'impose également au 100m papillon, établissant à nouveau un record mondial. Avec l'argent au 200m papillon et au 4 x 200, Los Angeles lui offre 4 médailles. Sa carrière entamée en 1981 à 17 ans par un titre et un record d'Europe du 200m papillon durera jusqu'en 1991 et ses 4 médailles aux Mondiaux de Perth.

JO de Séoul

L'exploit de l'Allemande Kristin Otto est colossal : 6 médailles d'or dont 4 individuelles dans trois nages différentes.

Janet Evans brille sur les longues distances, en enlevant le 400m nage libre, le 400m quatre nages, et le 800m nage libre.

Comme Mark Spitz en 1972, Matt Biondi remporte 7 médailles au cours d'une même édition des Jeux. Favori du 100m papillon, il se contente d'une 2e place pour un centième de seconde.

JO de Barcelone

Les relayeuses Américaines reprennent le titre que la RDA leur avait enlevé en 1988 au relais 4 x 100m nage libre. Chez les hommes, les Etats-Unis dominent l'épreuve depuis 1964.

Comme Alexandre Popov, le Hongrois Tamas Darnyi ramène 2 médailles d'or en épreuves individuelles aux 200 et 400m quatre nages. Il domine ces distances dont il détient les records du monde et olympique depuis 1986. A Séoul, il avait obtenu le même résultat.

Kristina Egerszegi, la Hongroise, réalise un triplé en remportant le 100m dos, le 200m dos et le 400m quatre nages.
JO d'Atlanta

Le Russe Alexandre Popov conserve son titre sur 100, en devançant Gary Hall. Il est le premier à s'imposer deux fois d'affilé depuis Johnny Weissmuller dans les années 20. Au 50m, Gary Hall est de nouveau distancé.

Après une 4e place au 100 m nage libre, l'Américaine Amy Van Dyken conquiert l'or au 50m nage libre, au 100 m papillon et dans les deux relais.

JO de Sydney

Le Hollandais Pieter Van Den Hoogenband prive d'un troisième titre consécutif sur 100m nage libre Alexandre Popov, après avoir lui avoir dérobé le record du monde en demi-finale. Au 200 m nage libre, il bat l'Australien Ian Thorpe, à qui il vole également le record du monde.

Ian Thorpe offre deux fois à l'Australie l'or au 400m nage libre puis au relais 4 x 100m lors de sa première journée de compétition. Il complétera sa moisson avec deux médailles d'or supplémentaires en relais, puis une d'argent au 200 m nage libre.

Trois titres et trois records du monde sur 50, 100m nage libre et 100m papillon pour
Inge de Bruijn, qui compte désormais parmi les dix athlètes à avoir battu le plus grand nombre de records du monde aux Jeux Olympiques.

Sur 50m, les Américains Anthony Ervin et Gary Hall junior touchent le mur au même instant en 21''98. Il y aura deux médaillés d'or sur le podium !
JO d'Athènes

Phelps fait sensation dès le premier jour de compétition, s'imposant dans l'épreuve individuelle du 400m quatre nages avec 3 ½ secondes d'avance et établissant un nouveau record du monde. Le lendemain, il ajoute une médaille de bronze à son palmarès dans le relais 4x100m nage libre et, le jour suivant, il décroche une autre médaille de bronze et établit un record personnel dans le 200m nage libre.
Le 17 août, Phelps s'impose face au Japonais Takashi Yamamoto dans le 200m papillon et, une heure plus tard, il est le premier partant de l'équipe américaine pour le relais 4x200m nage libre, équipe qui s'impose de justesse face aux Australiens. Phelps s'adjuge ensuite une autre médaille d'or dans l'épreuve individuelle du 200m quatre nages, qu'il remporte avec 1,64 seconde d'avance.
Dans le 100m papillon, il touche le mur juste devant son compatriote Ian Crocker et décroche ainsi sa septième médaille d'or. Enfin, Phelps remporte l'or dans le relais 4x100m quatre nages, ayant participé aux éliminatoires.

Ian Thorpe ajoute quatre médailles à son palmarès : une d'or au 200m nage libre avec un nouveau record olympique de 1'44"71, une autre d'or au 400m nage libre, puis une d'argent au 4x200m nage libre et une de bronze au 100m nage libre. Il termine également 6ème du relais 4x100m libre. Sa victoire au 200m, "LA" course des Jeux, devant l'Américain Michael Phelps et le Néerlandais Pieter van den Hoogenband, est une revanche sur sa défaite surprise contre van den Hoogenband en 2000 à Sydney devant son public.

Pieter van den Hoogenband, dernier relayeur du 4x100m nage libre, parvient à faire remonter son équipe de la quatrième à la deuxième place. Le lendemain, dans la finale du 200m nage libre, après avoir mené durant toute la course ou presque, il se fera coiffer par Ian Thorpe sur la ligne d'arrivée. Dans la finale du 100m, le champion olympique en titre n'est que cinquième à mi-parcours, mais il parvient à rattraper Roland Schoeman dans les derniers mètres pour l'emporter d'une dizaine de centimètres et conserver son titre. Pour finir, il se classera dix-septième dans le 50m nage libre.

JO de Pékin... ???

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La natation à travers les siècles (2ème partie)


    Au début du XIXème siècle, la brasse indienne est très répandue en Europe. C'est de cette nage costale où les jambes effectuent des coups de pied de brasse et les bras des mouvements simultanés sous l'eau, que va naître le crawl.

De la brasse au crawl


L'english side stroke :
    En1840, les britanniques adoptent une nouvelle technique. Toujours en position costale, avec des coups de pieds de brasse, le nageur réalise un mouvement alterné des bras sous l'eau. Cette nouvelle nage, appelée " english side stroke " et plus rapide que la brasse, se développe en Europe.

L'over arm stroke :
    Quelques années plus tard, l'Australien WALLIS apporte un élément nouveau. Il polyploïde ne technique de position costale, avec des coups de pied de brasse, où le bras supérieur est ramené en avant, au-dessus de l'eau. C'est l'over arm stroke, qui est importé en Angleterre en 1855. Cette nage, qui offre moins de résistances, va dominer le monde de la natation jusqu'à la fin du XIXème siècle sur les courtes distances et jusqu'au début du XXème siècle pour les longues distances.

Le trudgen et le double over arm stroke :
    À la fin du XIXème siècle, John TRUDGEN invente une technique qui supplante l'over arm stroke sur les courses de vitesse. Le trudgen est une nage en position ventrale, où les jambes effectuent des coups de pied de brasse avec un retour alternatif des bras au-dessus de l'eau. Cette technique très épuisante n'est réalisée que sur les courtes distances. En Australie, il existe le double over arm stroke qui est une variante de trudgen avec des ciseaux de brasse.

Le crawl :
    En 1893, deux nageurs du Pacifique, Alick et Harry WIKHAM réalisent le double over arm stroke avec des battements de pied. Le crawl est né. En 1900, après avoir observé les aborigènes battre des pieds en nageant, deux Australiens, les frères CAVILL popularisent le crawl dans leur pays.
La même année, lors des JO de Paris, un Hongrois réalise le 200m NL en crawl. En Australie, en Europe puis aux Etats-Unis, le crawl se généralise. Il faut dire que le battement de pied est un mouvement naturel, plus économique et plus efficace que les ciseaux.
Quant au terme de " crawl ", il vient de l'expression d'un journaliste présent lors d'une course d'Alick WIKAM en 1897 : " look at the kid crawling ". Crawl signifie ramper, dans le sens de serpenter, en français.

    Entre 1900 et 1920, toutes ces techniques vont cohabiter. L'over arm stroke et le trudgen sont les techniques les plus utilisées pour les courses de demi-fond. Tandis que le crawl s'impose dans les épreuves de sprint.
En 1920, aux JO d'Anvers, pour la première fois un crawleur remporte les épreuves du 400m NL et du 1500m NL. Le crawl devient la nage la plus rapide sur toutes les distances.

L'évolution technique du crawl :

Le crawl australien jusqu'en 1920 :
    Le crawl nagé par les frères CAVILL se caractérise par :
  • Une attaque très courte des bras,
  • Une cadence rapide,
  • Un battement frappé,
  • Une flexion importante de la jambe sur la cuisse,
  • Un battement continu à quatre temps par cycle de bras,
  • Un inspiration unilatérale.

La technique américaine de 1920 à 1932 :
    A partir de 1920, les Américain font évoluer la technique du crawl. Leur conception est mondialement reconnue, notamment grâce aux performances de WEISSMULLER qui devient le premier nageur sous la minute au 100m NL en 1924. Sa technique consiste en :
  • Une entrée, oblique dans l'eau, plus ample et glissée,
  • Des mouvements de jambes continus, effectuent 4 à 6 battements par cycle de bras,
  • Des membres inférieurs entièrement mobilisés.
Puis l'Américain Buster CRABBE va compléter cette technique par une inspiration alternée.

Les éducatifs japonais des années 30 :
    L'année 1932 vit l'éclosion au niveau mondial de la natation japonaise. Les japonais instaurent le crawl rattrapé:
  • Action des membres supérieurs discontinue,
  • Un bras attendant en avant le retour de l'autre pour commencer son action propulsive,
  • Des battements très intenses,
  • Une inspiration unilatérale,
  • Une rotation importante du corps autour de l'axe longitudinal.

La natation australienne des années 50 :
    Avec une nouvelle technique, l'Australie domine à nouveau la nage libre mondiale. L'action des bras devient prépondérante :
  • La traction s'effectue avec une flexion importante du coude,
  • La poussée est bien axée,
  • Les jambes ont un rôle équilibrateur (battement à 2 temps).
Les Australiens John KONRADS, John HENRICKS, Dawn FRASER et Ilsa KONRADS deviennent les incontournables de la natation mondiale.

Le retour américain des années 60 :
    Aux JO de Tokyo, les Américains reprennent le monopole de la nage libre grâce à de nombreuses victoires. Ils défendent une natation avec :
  • Un battement rapide (4 à 6 temps par cycle de bras),
  • Un rythme de bras moins intense que la méthode australienne.

L'évolution actuelle :
    Selon la distance de compétition, sprint ou demi-fond, deux techniques sont utilisées. Sur les distances courtes, le battement à 4 ou 6 temps paraît d'être la règle générale, alors que le 2 temps est prédominant pour les longues distances.
Quant aux mouvements de bras, la technique actuelle, en sprint comme en demi-fond, est celle de la superposition des actions motrices : un bras entre dans l'eau et commence sa traction alors que l'autre termine sa poussée. C'est la technique australienne, utilisée par Dawn FRASER, première femme sous la minute et qui a remporté 3 médailles d'or aux 100m NL. Et en 1971, Shane GOULD reprend cette technique et obtient tous les records du monde en Nage Libre.


De la brasse au dos
 

Le dos brassé :
    À la fin du XIXème siècle, les Européens nagent aussi la brasse sur le dos. Aux JO de 1900, 1904 et 1908, les épreuves de nage sur le dos se font en dos brassé. Pourtant, dès 1903, certains compétiteurs nagent sur le dos en ramenant les deux bras simultanément hors de l'eau.

Le dos américain :
    En 1912, l'Américain HEBNER remporte l'épreuve de nage sur le dos en réalisant un retour de bras aérien et alterné, et en battant des pieds : c'est le dos crawlé. Mais il faudra attendre 1920, pour que les records établis en dos brassés soient améliorés par le dos crawlé.
Le dos américain se caractérise par :
  • Une position du corps très allongé sur l'eau,
  • Un retour des bras fléchis,
  • Une attaque des bras dans l'axe du corps et loin derrière,
  • Un trajet aquatique des bras tendu et profond,
  • Des battements ressemblant à un pédalage avec sortie des genoux au-dessus de la surface de l'eau.

Le battement japonais :
    En 1930, les Japonais remplacent le pédalage des jambes par un battement à temps fort lors de sa remontée. Les genoux restent immergés et les jambes se fléchissent durant la phase descendante.

Le style KIEFER :
    En 1933, l'Américain KIEFER adopte un style qui sera utilisé jusqu'en 1956. Il utilise le battement japonais avec :
  • Un position très à plat du corps,
  • Un retour tendu des bras,
  • Une attaque des mains dans l'eau sur le côté, légèrement au-delà des épaules,
  • Un trajet aquatique des bras peu profond.

Le style australien :
    En 1956, les Australiens développent une technique où l'action des bras est prédominante :
  • L'entrée de la main dans l'eau est réalisée dans l'axe du corps grâce à un roulis des épaules,
  • Une phase de poussée apparaît dans le trajet moteur des avant-bras,
  • Une position plus haute et plus à l'oblique sur l'eau (la position à plat est abandonnée).
Le style australien est surtout utilisé sur 100m, car la positon du corps provoque de nombreuses résistances et la cadence des bras ne peut être maintenue longtemps.

La technique Counsilman :
    Dans les années 60, l'entraîneur américain James Counsilman recherche la technique de dos crawlé qui provoque le minimum de résistance. Un de ses élèves, Charles HICKCOX remporte de nombreuses victoires grâce à :
  • Une position du corps à plat sur l'eau,
  • Un roulis des épaules et une continuité des actions motrices des bras,
  • Un retour des bras vertical et moins déséquilibrateur.
De 1967 à1976, le dossiste allemand Roland MATTHES domine la nage grâce à une flottabilité exceptionnelle et une grande souplesse des épaules et des chevilles.

Les ondulations dorsales :
    Dans les années 80, c'est la reprise de nage qui fait améliorer les records. Les nageurs réalisent des ondulations dorsales sous-marines, et cela sur les distances de plus en plus longues. Mais après les JO de 1988, la FINA limite les ondulations dorsales après le départ et les virages, sur un parcours maximal de 10 mètres.

Un nouveau virage :
    Une nouvelle évolution se dessine à l'aube des années 90. A cette date, le virage sur le dos laisse place au virage culbute, d'où une logique de tous les records en nage sur le dos.


De la brasse au papillon



    Le papillon est né de l'évolution technique de la brasse. L'imprécision du règlement quant au retour des bras vers l'avant a permis l'apparition de la papillonneur

Le papillonneur :
    En 1927, lors d'un épreuve brasse, l'Allemand Erich RADEMANDER exécute un retour aérien des bras à la fin de chaque longueur de bassin. Il vient de réaliser les premiers mouvements de brasse-papillon. Cette technique, qui va être de plus en plus utilisée, consiste à effectuer des ciseaux avec les jambes et de ramener les bras en avant, hors de l'eau.
En 1933, deux Américains utilisent, sur la totalité du parcours, cette technique. L'un d'eux améliore les records mondiaux de la brasse. Puis en 1948, aux JO de Londres, le 200m brasse est remporté par le papillonneur américain VERDEUR.
Dès 1951, toutes les compétitions importantes de brasse mettent en concurrence les meilleurs utilisateurs de la papillonneur Et en 1952, aux JO d'Helsinki, tous les finalistes du 200m brasse sont des papillonneurs A cette date, certains nageurs abandonnent les ciseaux car ils sont trop freinateurs et laissent traîner leurs jambes en mouvement de dauphin.

Le papillon dauphin :
    En 1953, la FINA révise le règlement de la brasse et la différencie de la brasse-papillon. Cette année-là, la nage papillon est reconnue officiellement comme la quatrième nage de la natation. Sa réglementation n'impose nullement le mouvement de jambes type ondulation, ni même le ciseau. Elle stipule seulement l'interdiction des mouvements alternatifs.

Des ondulations de forte amplitude :
    Entre 1953 et 1955, le hongrois TEMPECK réalise des ondulations très amples. Très vite, le mouvement en dauphin s'impose comme la propulsion la plus efficace. Et aux JO de Melbourne en 1956, ont lieu les premières courses de papillon-dauphin. On y voit toutes sortes de techniques et beaucoup de variations dans:
  • Le nombre d'ondulations,
  • La longueur des immersions,
  • l'amplitude des ondulations.

Une motricité essentiellement assurée par les bras :
    En 1960, l'Américain TROY remporte le 200m aux JO de Rome, grâce à:
  • Des ondulations très faibles,
  • Une position du corps presque à plat,
  • Un important travail de bras.
La motricité dominante revient aux bras et les jambes ne font que suivre les mouvements de buste.

Le papillon aujourd'hui :
    Progressivement, l'utilisation de deux ondulations par cycle de bras s'est généralisée. Mark SPITZ est, dans l'histoire de la natation, le plus parfait utilisateur et démonstrateur de cette technique, employée universellement aujourd'hui.


Un siècle de brasse

La brasse au début du siècle
    Dans les années 20, la virasse est la deuxième nage la plus rapide après le crawl. A la fin de la décennie, le japonais YASHIYAKI révolutionne la propulsion de la brasse:
  • Les bras se fléchissent pendant la traction ce qui diminue la traînée,
  • Les jambes et les genoux descendent plus profondément favorisant ainsi la poussée


Brasse classique ou brasse-papillon ?
   
Dans les années 30, d'autres améliorations techniques voient le jour. Mais celles-ci passent inaperçues du fait de l'engouement grandissant pour la brasse-papillon : les nageurs ramènent simultanément les deux bras en avant au-dessus de l'eau.
La réglementation de la brasse manque de précision et toutes sortes de techniques sont utilisées lors des compétitions :
  • Brasse sous-marine,
  • Brasse classique seulement pour les reprises de nage,
  • Brasse-papillon,
  • Brasse avec une phase propulsive des bras qui va jusqu'aux cuisses,
  • Changement de techniques de brasse en cours de nage.

Durant trente ans, la brasse déclenche de vastes polémiques de la part des nageurs, entraîneurs et officiels. Face à ce problème de codification, une première décision est prise : les nageurs doivent garder la même technique durant toute la durée de l'épreuve. La brasse-papillon est la technique de tous les records en brasse.

La brasse classique moins rapide que toutes les autres techniques fut délaissée et n'évolua que fort peu jusqu'en 1952. Avant cette date, les compétiteurs nagent la brasse traditionnelle avec :
  • Une amplitude des mouvements très importante,
  • Une synchronisation présentant un long temps de coulée,
  • Une inspiration placée sur l'ouverture des bras,
  • De longues distances en immersion.

La brasse après les JO d'Helsinki :
    En 1953, la FINA renforce la codification de la natation et différencie la brasse d'une nouvelle et quatrième nage : le papillon. La brasse redevient alors une technique à part entière où l'action des bras est beaucoup plus importante.
    Dans les années 50, certains brasseurs continuent de nager sous l'eau, pour créer plus d'appuis. Cette brasse sous marine s'effectue avec un trajet moteur des bras qui se poursuit jusqu'à ce que les mains atteignent les cuisses. Mais à partir de 1957, cette technique est interdite. La brasse doit être réalisée en surface. En fait, la tête ne doit jamais être immergée complètement sauf au départ et lors des virages.

La brasse "moderne" :
    L'année 1961 voit apparaître le concept de la brasse "moderne". L'entraîneur américain Counsilman est le nageur Jastrenski font progresser spectaculairement les records du monde sur 100 et 200 m. Cette nouvelle brasse se caractérise par :
  • le ciseau devient fouetté en repoussant l'eau par l'arrière,
  • le travail des bras s'intensifie par une cadence élevée.

    En 1969, le soviétique Pankin adopte des mouvements plus amples et surtout retarde la phase inspiratoire dans la technique de brasse moderne.

Le style naturel :
    Dans les années 70, les Soviétiques font évoluer la brasse par quelques innovations :
  • le fouetté de jambes s'effectue avec un retour ascendant type dauphin.
  • un relevé important des épaules.
  • un retour des mains près de la surface de l'eau, afin de diminuer les résistances frontales.
  • une coordination jambes-bras sans temps mort.

Quant aux Britanniques, ils brassent avec un mouvement ondulatoire vers le haut. C'est le style naturel qui permet une diminution de la traînée.

Après Séoul :
    Suite aux JO de Séoul, la FINA modifie le règlement. Après 1986, le nageur peut mettre complètement la tête sous l'eau, mais doit la ressortir à chaque cycle de bras. Cette évolution a permis :
  • un appui moteur de bras plus efficace.
  • un équilibre plus proche du papillon.

Aujourd'hui, la brasse évolue vers une  technique ondulée, proche du papillon dont il a été si difficile de la différencier.


Les épreuves de quatre nages


    Le 200m et le 400m 4 nages sont les courses les moins populaires de la natation. Pourtant, pour beaucoup, ce sont les épreuves reines de la discipline et les plus dures à préparer.


Les 3 nages :
    La course de 3 nages est reconnue comme épreuve officielle à partir de 1922. Cette année-là, Hilda Jones est sacrée championne US de trois nages individuelles. Dans les années 20 et les années 30, cette épreuve est essentiellement pratiquée aux Etats-Unis.
    Après la seconde guerre mondiale, les compétitions de trois nages se généralisent en Europe. En France, l'épreuve est effectuée sous la forme de relais (dos, brasse, nage libre).

Les 4 nages :
    1953 est l'année de la reconnaissance, par la FINA, du papillon comme nage à part entière, et aussi de l'introduction officielle d'une épreuve de 4 nages. Les JO de Melbourne sont les premiers Jeux à voir des nageurs s'affronter sur 200m 4 nages. Quant au 400m 4 nages, il fait son apparition aux JO de Tokyo en 1964.

A suivre...

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La natation à travers les siècles (1ère partie)

Merci à Albin et FX

        De l'Antiquité aux jeux olympiques modernes, il existe de nombreux témoignages de la pratique de la natation, et cela sur différents continents.
Dès son apparition, l'homme préhistorique a été confronté au problème de l'eau. Face aux rivières et aux mers, il a dû apprendre à se protéger puis à se déplacer. Mais, les plus anciens témoignages de natation que les archéologues et historiens ont retrouvés remontent à l'Egypte pharaonique.


Nager sous l'Antiquité :

En Afrique, certains hiéroglyphes datant de 3000 avant J.C représentent des hommes nageant avec un bras qui ressort de l'eau. Les Egyptiens utilisaient une technique proche du crawl actuel.
De même, en Italie, entre le VIIIe et IIIe siècle avant J.C, les hommes pratiquaient une nage ressemblant au crawl. C'est ce que révèlent les bases retrouvées.

Quelques siècles plus tard, à Rome, des compétitions de natation avaient lieu au Colisée. De nombreuses mosaïques représentant des Romains plongeant et nageant la brasse en témoignent. D'autres dessins nous apprennent qu'ils pratiquaient aussi une sorte de crawl.

Quant aux jeux olympiques anciens, ils ne comportaient pas d'épreuves de natation. Pourtant les Grecs, comme les Egyptiens et les Romains, se déplaçaient dans l'eau avec un style de nage proche du crawl.
D'autres gravures antiques laissent à penser que le papillon a aussi des origines très anciennes.
Ainsi, dès l'Antiquité, plusieurs techniques de nages étaient utilisées par l'homme.


Moyen Age et Renaissance :

Au IXe siècle, l'Empereur Charlemagne possédait une piscine d'eau thermale. Ce bassin a été créé par soucis d'hygiène et d'activité. Mais, entre le Ve et XVe siècle, les français se baignent peu. D'ailleurs, les historiens n'ont retrouvé quasiment aucune trace écrite et les archéologues aucun vestige concernant la natation au Moyen Age.

A la Renaissance, la pratique des bains en rivière se généralise. Des bassins sont construits et des saunas apparaissent enfin. Les hommes jouent dans l'eau mais ne nagent pas.

Les premiers soucis de pédagogie de la natation :

En 1534, Rabelais évoque la natation dans l'éducation de Gargantua. En une phrase, il décrit tout ce qu'on peut faire dans l'eau :

"Nager en eau profonde,  à l'endroit, à l'envers, de côté, de tout le corps, des pieds seuls, une main en l'air dans laquelle tenait un livre, traverser toute la rivière de Seine sans le mouiller, puis d'une main remonter en force dans un bateau, duquel il se jetait immédiatement à l'eau la tête la première, aller au fond, dans les creux des rochers, plonger dans les abîmes et les gouffres."
L'auteur a déjà l'idée des éducatifs, du sauvetage et du plongeon. C'est, en fait le premier écrit pédagogique de l'enseignement de la natation. Mais, la méthode de Rabelais est utopique...

Au Japon, la natation fait partie intégrante du programme scolaire depuis 1603. Les jeunes japonais apprennent la brasse et s'affrontent dans des compétitions inter-établissement. Il faut attendre le XIXe siècle, pour voir la pratique de la natation se répandre dans les pays d'Europe.

Le mouvement sportif :

Le XIXe siècle voit la naissance du mouvement sportif. Et la natation va suivre ce modèle : les compétitions vont se généraliser.
En France, des épreuves de natation sont organisées le dimanche, dans les campagnes : on joue de l'argent et on parie sur les vainqueurs.
A Londres, il existe des piscines couvertes et chauffées depuis le début du XIXe siècle. En 1833, les nageurs de Londres se regroupent dans une association appelée : "National Swimming Association". Les premières compétitions en piscine ont lieu mais rien n'est codifié : les nages et les distances sont sans cesse différentes. En 1837, a lieu le premier championnat de natation en Angleterre. Ensuite, en 1858 est organisé le premier championnat du monde. Puis, en 1869 apparaît la Fédération Anglaise de Natation, qui établit enfin des règles de nage et de longueur.

En 1886,  les jeux olympiques modernes voient le jour à Athènes, et des épreuves de natation ont lieu. Quelques année plus tard, en 1908 est créée la FINA : Fédération Internationale de Natation Amateur. Cette fédération a pour rôle d'établir les records du monde et leur validité, de régir les nages et les distances, d'organiser les J.O et les championnats du monde. 

Le XIXe siècle est donc le siècle où se développe la natation sportive et la natation scolaire. Mais que nage-t-on? En Europe, c'est la brasse qui triomphe : la majorité des compétitions s'effectuent dans cette nage. C'est aussi cette technique qu'on apprend dans les lycées français lors des séances de "bains froids". En 1840, la brasse perd sa suprématie. Une nage plus rapide voit le jour : l'english side stroke. C'est "l'ancêtre" du crawl. Pourtant la brasse continue d'être enseignée dans les établissements secondaires de France.
En outre, les marins rapportent que dans d'autres pays les hommes nagent avec un passage alternatif des bras au dessus de l'eau en position ventrale et sur le côté. Dans les Antilles, en Somalie ou en Australie, l'ancêtre du crawl est plus répandu que la brasse.

Le siècle des quatre nages :

À la fin XIXe siècle, puis tout au long du XXe siècle, vont apparaître quatre nages bien différenciées. Ces différentes techniques ont toutes la même origine : l'éperon, qu'on appelle plus couramment la nage indienne.

La brasse indienne est une nage costale où les jambes effectuent des ciseaux et les bras des mouvements simultanés sous l'eau. Cette nage va évoluer dans quatre directions différentes et va donner naissance au crawl, au dos, au papillon et à la brasse actuelle...

A suivre..


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Bébés nageurs, un bain d'épanouissement ...




La découverte de l'eau passe par 4 grands thèmes qui s'imbriquent au fil des activités les uns dans les autres :

  •                 Découvrir l'eau, soi-même et les autres ;
  •                 Flotter, se déplacer ;
  •                 Aller sous l'eau ;
  •                 Et entrer dans l'eau.

Bébé, d'abord porté par ses parents puis tout seul, se familiarise avec l'eau qui le porte et l'enveloppe. De nombreux jeux, toboggans, cages à poules, tapis, planches, lui permettent d'explorer de nouvelles sensations, de s'amuser tout seul, avec ses parents ou avec d'autres enfants. Selon son âge, son caractère, son expérience plus ou moins grande de l'eau, chaque enfant évolue différemment. Cette activité est adapté aux enfants âgés d'au moins 4 mois (ils doivent avoir été vaccinés) à 5 ans.

Qu'est-ce qu'ils apprennent ?

Ils s'éveillent en s'amusant à des nouvelles sensations. Dans l'eau, l'enfant adopte un comportement moteur différent de celui utilisé au sol : il s'adapte à de nouveaux repères, il découvre des postures et des mouvements inédits, il apprend à contrôler sa respiration. L'enfant développe un goût pour l'activité physique, prend plaisir à devenir autonome, et gagne certainement une bonne dose de confiance. Cet environnement stimulant favorise son développement psychomoteur. Pour beaucoup d'enfants, la piscine est également l'occasion d'entrer en contact avec la société. Rassurés par la présence de leurs parents, les enfants s'imitent, s'observent, se cherchent, s'affrontent et participent à des jeux collectifs. Cette socialisation précoce favorise la qualité des relations futures. C'est aussi l'occasion pour les parents et les enfants de se retrouver pour jouer ensemble et de partager de nouvelles expériences.

Savent-ils nager plus tôt ?

Avant 4, 5 ans un enfant ne sait pas maîtriser la coordination de ses bras et de ses jambes, nécessaire à l'apprentissage de la natation. Un bébé nageur ne saura pas forcément nager plus tôt qu'un autre enfant. Par contre, habitué à l'eau cet apprentissage lui sera certainement plus facile.
D'autant que ces activités d'éveil aquatique développent chez l'enfant un goût pour l'activité physique et constituent d'excellentes prémices au sport. Cependant certains bébés nageurs ont en grandissant du mal à supporter le côté contraignant des cours de natation, pour eux l'eau reste synonyme de plaisir.

Les étapes progressives

  • De 4 à 6 mois : apprentissage de l'équilibre. Premier contact avec l'eau sur un tapis
  • De 6 mois à 1 an : immersion en sautant dans l'eau depuis le tapis pour rejoindre ses parents. Les bébés se mettent facilement en apnée.
  • Vers 1 an : la crainte de l'eau ressurgit, et l'enfant préfère alors les jeux au bord de l'eau. Il convient alors de ne pas le brusquer.
  • Vers 15-16 mois : l'équilibre se travaille avec une bouée.
  • Vers 2 ans : Différents modes d'entrée dans l'eau sont proposés : toboggans, tunnels, etc. Il aime sauter dans l'eau et être réceptionné sous l'eau dans les bras.
  • Vers 3 ans : il commence à sortir seul la tête de l'eau et à faire quelques mètres seul pour vous rejoindre.
  • Vers 5 ans : il coordonne et contrôle ses mouvements et sait prendre des appuis dans l'eau. L'apprentissage de la natation proprement dit peut commencer.

Quelles sont les précautions à prendre ?

Il faut faire attention à ce que bébé n'ait pas froid. Jusqu'à 18 mois les bébés ne savent pas lutter contre le froid, c'est pourquoi l'eau de la piscine devra être aux alentours de 32°C.
Un bébé qui a froid devient pâle, inactif, a les lèvres violettes ou encore des marbrures sur le corps. Dès les premiers signes il faut le sortir de l'eau, le réchauffer et lui donner quelque chose à manger.
Les enfants, petits ou grands, se dépensent pendant ces séances, c'est pourquoi il faut veiller à leur préparer un repas à base de sucres lents et rapides une heure environ avant d'aller à la piscine.
Prévoyez également un petit goûter (jus de fruits, yaourt, petits gâteaux) à déguster en famille après le bain !

Précautions médicales :

Quelques points à surveiller
  • Votre enfant doit être vacciné avant de commencer ses séances d'éveil dans l'eau : les 2 premières injections de Pentacoq et le BCG doivent avoir été fait : donc pas de piscine avant 4 mois.
  • Il vaut mieux, également, éviter de baigner un enfant avec des blessures suintantes (eczéma, boutons de varicelle, plaie) ou s'il porte des yoyos posés après une otite séreuse.
  • De même, si l'enfant est sujet à de nombreuses otites, évitez d'y aller en hiver. Les écarts de températures peuvent empirer les choses.


Hélène Huret - Doctissimo



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DESINFECTION D'UNE PISCINE

Pourquoi le chlore ?

En piscine, on utilise du chlore sous forme d'hypochlorite de sodium (eau de javel) et d'acide chlorhydrique.
L'hypochlorite de sodium est un désinfectant très puissant. Il sert à détruire les germes pathogènes présents dans l'eau (exemples : bactéries, virus, champignons amenés par les baigneurs) et à maintenir l'hygiène et la propreté des canalisations et des filtres sur l'ensemble du parcours de l'eau.
L'acide chlorhydrique est utilisé quant à lui pour réguler l'acidité de l'eau (pH). En effet, l'eau de javel modifie l'acidité de l'eau; or une eau trop peu acide réduirait l'effet désinfectant et le chlore serait trop irritant pour les yeux, alors qu'une eau trop acide donne naissance à trop de chlore gazeux dans l'atmosphère, avec les problèmes respiratoires que l'on a vu lors de certains incidents dans des piscines.
Le grand avantage du chlore est qu'il est bon marché.

Quelles alternatives au chlore ?

Des alternatives au chlore existent, comme le traitement à l'ozone, l'irradiation aux ultraviolets, l'ultrafiltration et l'ionisation. Cette dernière méthode, qui combine bien souvent le cuivre et l'argent, est la méthode la plus accessible techniquement pour les piscines.
Pour faire simple, disons que les ions de cuivre, à charge positive, vont rechercher les particules chargées négativement comme les virus ou les bactéries. Ils vont s'y insérer et ouvrir la porte à l'argent; cuivre et argent vont alors les neutraliser, les empêcher de proliférer, voire les supprimer. Il faut néanmoins ajouter à cette technique des systèmes pour assurer un taux d'acidité de l'eau correcte.
Par ailleurs, le chlore doit y être généralement tout de même additionné pour éliminer les matières organiques (cheveux, urines…), mais dans des proportions nettement moindres (- 80% de chlore).
Le problème, c'est que ce système coûte nettement plus cher.



Le Dosage du Chlore



Pour traiter efficacement une piscine au chlore on doit tenir compte de :

Le pouvoir désinfectant du chlore

Le dosage du chlore doit tenir compte de la demande en chlore de l'eau. Cette demande est déterminée par :
  • la quantité de composés (SDT) et de matières organiques (polluants) avec lesquels le chlore va devoir réagir
  • le temps nécessaire à la réaction de désinfection et d'oxydation (temps de contact)
  • la température de l'eau
  • la concentration de chlore dans l'eau doit permettre de satisfaire en permanence la demande en chlore pour une désinfection optimale. D'où la nécessité de mesurer régulièrement la concentration du chlore.

Attention ! Les concentrations excessives de chlore accélèrent le vieillissement de la piscine (béton), de son revêtement (les revêtements PVC, joints du carrelage,...) et des installations (corrosion des parties métalliques et dégradation des tuyauteries PVC).


La rémanence (persistance) du chlore

Pour déterminer le potentiel de désinfection du chlore dissout dans l'eau d'une piscine, on doit connaître :
  • La quantité totale de chlore dans l'eau ou chlore total
  • La quantité de chlore disponible ou chlore libre, c'est-à-dire utile pour la désinfection et l'oxydation des composés et matières organiques. Ce chlore n'a pas encore réagit, il est en "attente de désinfection".
  • La quantité de chlore résiduel ou chlore combiné, résultat de la combinaison du chlore avec les composés et matières organiques. Ce sous-produit du chlore ne peut plus participer efficacement à la désinfection.
  • Le potentiel de désinfection du chlore se détermine avec la formule simplifiée suivante :
Chlore total = chlore libre + chlore combiné


La mesure du chlore

Pour déterminer le potentiel de désinfection de l'eau d'une piscine, on doit mesurer à l'aide de tests colorimétriques ou électrométriques :
Le pH de l'eau : il doit être compris entre 5,5 et 7,5.

La concentration de chlore : elle doit être comprise entre 0,5 et 1,5mg/litre pour les chlores non stabilisés et entre 2,0 et 4,0mg/litre pour les chlores stabilisés.
La concentration de stabilisant : elle doit être inférieure à 75mg/litre.
La température de l'eau : essayer de la maintenir à 28°C.


La stabilité du chlore aux ultraviolets (U.V.)

Le chlore est naturellement sensible aux ultraviolets émis par le soleil. Ceux-ci vont le dégrader rapidement. Pour pallier cette faiblesse, il est possible de lui associer un produit stabilisant à base d'acide isocyanurique qui va le protéger des UV en le recouvrant d'une couche protectrice.

L'ajout de stabilisant peut se faire sous deux formes :
  • par l'ajout d'acide isocyanurique dans l'eau, en additif des chlores inorganiques
  • par l'utilisation de produits chlorés organiques stabilisés, comprenant de l'acide isocyanurique

La concentration de stabilisant ne doit pas dépasser 75 mg/litre. Au-delà, le chlore est bloqué par le stabilisant qui bloque son pouvoir désinfectant en l'empêchant de réagir.
Il faut vérifier régulièrement sa concentration. En cas de surdosage, il y a peu de solutions pour l'éliminer si ce n'est en remplaçant l'eau au maximum : lavage du filtre voire renouvellement complet de l'eau du bassin.


Les chloramines

Lorsque le chlore se combine avec des composés d'azote et d'ammoniac (présents dans l'urine, la sueur, la salive, les graisses,...), il forme des chloramines. Elles sont la conséquence d'une concentration insuffisante en chlore actif :
Chlore résiduel = chlore total - chlore actif

Elles sont à l'origine des odeurs de chlore fort désagréables, de l'irritation des yeux, de la gorge et des muqueuses en général et sont probablement cancérigènes.

Leur présence et leur quantité varient en fonction du pH et du rapport entre la concentration de chlore et celle d'ammoniac. Dans une piscine correctement traitée, le rapport doit être de 6 unités de chlore pour 1 unité d'ammoniac. En dessous, vont se former soit :
  • des monochloramines (NH2Cl) si le pH est supérieur à 7
  • des dichloramines (NHCl2) si le pH est entre 4 et 7
  • des trichloramines (NCl3) si le pH est inférieur à 3

Plus leur quantité est importante, plus elles restent dans l'eau sans être éliminées et plus elles peuvent dégrader l'eau.
Pour les supprimer, il suffit d'ajouter du chlore actif. Pour les éviter, il suffit de maintenir la concentration en chlore libre ainsi que l'équilibre du pH. Pour cela on peut automatiser le traitement avec un chlorinateur ou une électrolyse (décomposition chimique).

Important : la meilleure façon d'éviter l'apparition des chloramines est d'éviter la pollution de l'eau par les baigneurs en leur demandant de se doucher avant de se baigner et de ne pas uriner dans l'eau.


Le pH de l'eau

L'eau d'une piscine doit avoir un pH compris entre 5,5 et 7,5 pour une efficacité optimale des traitements au chlore. Le niveau de réactivité du chlore actif diminue avec l'augmentation du pH.


Influence du pH

Un pH compris entre 7.5 et 9, favorise la formation de la monochloramine, le pH optimal étant de 8.3
Un pH compris entre 4 et 6 favorise la formation de la dichloramine et de la trichloramine.

* Les bactéries prolifèrent davantage dans une eau légèrement alcaline (pH entre 7,5 et 8,5), chaude, dans l'obscurité, en présence d'ammoniac libre.
* L'action désinfectante du chlore diminue lorsque le pH augmente
* La meilleure efficacité désinfectante du chlore est obtenue à pH voisin de 7,2


La température de l'eau

La température de l'eau influence l'efficacité des réactions du chlore dans l'eau de piscine et la fréquence des chlorations.
En dessous de 20°C la fréquence des traitements sera faible alors qu'au dessus de 28°C, la fréquence sera très importante, d'autant plus qu'il y aura beaucoup de baigneurs.



Lexique


Alcalinité : (TAC) Teneur en carbonates, en bicarbonates et en hydroxydes dissous dans l'eau. En pratique, le TAC traduit le pouvoir tampon de l'eau (Le pouvoir tampon d'une eau rend compte de sa capacité à conserver une valeur stable de pH lorsque des acides ou des bases sont ajoutés).
TAC trop bas, le pH est instable. TAC trop élevé, difficulté d'amener le pH à la valeur souhaitée

Algues : dans les piscines, ce sont des végétaux aquatiques microscopiques dont le développement est favorisé par la lumière solaire.

Acidité : état dont le pH est inférieur à 7

Basicité : état inverse de l'acidité. pH inférieur à 7 (ne pas confondre avec alcalinité)

Chloramines : produits de la réaction du chlore sur les impuretés organiques azotées en cours de dégradation.

Désinfectant : produit détruisant les germes pathogènes.

Floculation : transformation physique d'une suspension de matière solide au cours de laquelle les très fines particules dispersées se rassemblent en agrégats plus gros.

pH : (potentiel hydrogène) renseigne sur l'acidité de l'eau. Un pH de 7 est dit "neutre", un pH inférieur à 7 est "acide" et un pH supérieur à 7 est dit "basique"

Stérilisant : produit détruisant tous les germes vivants.

CIRCULATION DE L'EAU



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Laure Manaudou, une icône à la dérive

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par Alain Loret
LE MONDE  10.08.07



Ce qui doit nous surprendre dans ce qui est immédiatement devenu "l'affaire Manaudou", ce n'est pas tant les atermoiements d'une jeune femme qui a passé la moitié de sa vie à aligner les longueurs de bassin là où d'autres s'employaient à construire les bases de leur vie future que l'incapacité de la Fédération française de natation (FFN) à gérer la situation.

On observera que cette conjoncture étonnante ressemble à s'y méprendre à celle qui fut créée, il y a quelques années, par une autre figure emblématique du sport français : Marie-José Pérec. Dans le "cas Pérec", c'est la Fédération française d'athlétisme qui s'était trouvée dans l'embarras. A un niveau moins médiatisé, cette situation est malheureusement bien ordinaire. En matière de sport de haut niveau, ces ruptures qui mêlent les contraintes de l'entraînement, la pression du résultat, certains enjeux financiers, l'incontournable construction psychologique de la postadolescence et l'éloignement familial sont monnaie courante.

La chose pourrait être banale si le sport n'était pas en France une affaire d'Etat. En réalité, beaucoup seront surpris d'apprendre que c'est un service public qui est en cause dans le problème que pose Laure Manaudou. En effet, dans notre pays, les fédérations sportives possèdent des prérogatives de puissance publique. Par délégation ministérielle, elles participent à l'exécution d'une authentique mission de service public qui leur octroie des responsabilités sociales qu'elles ne sont à l'évidence pas en mesure d'assumer.

Les conditions dans lesquelles fonctionnent les fédérations sportives françaises sont surprenantes. En réalité, elles sont placées sous la stricte tutelle des pouvoirs publics. Depuis cinquante ans, la France est le seul pays qui ait choisi d'encadrer le sport olympique par une administration d'Etat à partir d'un réseau serré de lois et de décrets. Les raisons qui expliquent cette volonté relèvent de l'idée que, selon le législateur français, "le sport de haut niveau est source d'enrichissement et de progrès humain. Le sportif de haut niveau joue un rôle social, culturel et national de première importance". On ne saurait être plus clair.

Reste que ce rôle fondamental supposé n'est en réalité qu'une allégation dénuée de fondements scientifiques. Au prétexte que le sport d'élite constituerait un "bien commun", elle permet pourtant de justifier une sanctuarisation administrative de l'olympisme par intervention de l'Etat qui, alléguant une finalité d'intérêt général, l'a inscrit au registre du service public.
On voit le résultat : une fédération totalement incapable de gérer la situation d'une jeune femme qui ne se voit manifestement pas en icône républicaine. En réalité, Laure Manaudou subit les conséquences d'une organisation impropre à la situation inédite engendrée par l'explosion d'une nouvelle économie olympique qui brouille tous les repères.

Dans ce contexte, le système français, qui a ceci de particulier qu'il combine intervention publique et initiative privée de nature associative, est manifestement devenu obsolète. Bien adapté au sport amateur lorsqu'il fut mis en place par le général de Gaulle dans les années 1960, il a sans aucun doute atteint ses limites. Le sentiment qui prévaut est l'incertitude quant à sa capacité réelle de répondre à l'évolution d'un sport olympique qui est devenu aujourd'hui une authentique industrie de l'image télévisée.

Laure Manaudou subit donc les conséquences de l'inadaptation de ce qu'il faut bien appeler notre "service public d'optimisation de la performance". Face aux investissements considérables d'origine privée que l'on identifie dans tous les pays sportivement développés, le système français fait pâle figure. Son manque de moyens récurrent a pour conséquence qu'il n'est plus aux normes dans nombre de secteurs cruciaux : ceux qui ouvrent les voies des futures victoires olympiques.

La rupture très médiatisée de Philippe Lucas avec la FFN ne s'explique pas autrement. Hors la personnalité complexe de l'ex-entraîneur de Laure, c'est bien le déficit de moyens accordés par une fédération qui, nonobstant sa non-implication, voulait s'approprier les résultats de "sa" nageuse, assorti d'une sorte d'impérialisme administratif qui alla jusqu'à mettre en doute ses compétences techniques, qu'il jugea insupportable. Que la fédération de natation se rapproche aujourd'hui de cet entraîneur, hier honni, pour tenter de sauver la situation montre bien que le système balbutie.

Dans ce contexte qui prélude malheureusement à une campagne olympique 2008 fort mal engagée du fait de l'absence de secrétaire d'Etat aux sports - une situation que l'on n'a pas connue depuis 1958 ! -, la décision d'Arnaud Lagardère de rendre opérationnelle à Paris une "plate-forme technologique" destinée à l'entraînement de l'élite doit être observée avec une certaine attention. En s'inscrivant dans un ambitieux projet de centre d'expertise sportive conçu en collaboration avec des partenaires industriels, le Team Lagardère pourrait en effet être une réponse au manque de moyens des fédérations. A une condition : que l'Etat établisse les bases institutionnelles d'une cogestion du sport de haut niveau entre le mouvement sportif et les entreprises... sans oublier les collectivités locales.

Vaste chantier ! Cette organisation inédite devrait prendre la forme de partenariats équilibrés entre le public et le privé qui respecteraient les prérogatives historiques du Comité olympique français. S'il est trop tard pour les Jeux olympiques de Pékin, ce projet politique indispensable au sport d'élite français doit démarrer sans délai si nous voulons être prêts pour 2012. On n'attend plus que Bernard Laporte.

Alain Loret, professeur à la faculté des sciences du sport de Rouen




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Pour ceux qui ont mal au ventre avant une compèt... c'est un endroit qu'on aime bien !

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Les toilettes désignent les " lieux d'aisance " conçus pour permettre aux personnes de se soulager de leurs déjections corporelles comme l'urine, les fèces et les vomissures.
Le terme " toilettes " peut désigner soit les appareils sanitaires soit la pièce dans laquelle elles sont installées. De manière générale, elles désignent un système où les déjections sont évacuées avec de l'eau vers un égout ou une fosse septique. Un système plus rudimentaire (comme un simple trou dans le sol) est appelé " latrine ". On parle également de toilette sèche lorsque les excréments sont réutilisés pour faire du compost.
Dans une maison, les toilettes sont placées dans une pièce dédiée ou dans une salle de bains ; les toilettes sont aussi une composante du système d'assainissement.
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Étymologie et terminologie


Comme d'autres modes françaises des années 1680, le mot " toilette " était employé dans de nombreux pays, et désignait à l'origine les objets de coiffure et de soin du corps disposés sur une table à habiller couverte de tissu et de dentelle, sur laquelle se tenait un miroir qui pouvait également être drapé de dentelle : l'ensemble était une toilette.
Le mot toilette a été adopté par euphémisme pour " water closet " depuis l'expression " salle de toilette ", bien que " powder room " (salle à poudre) puisse être employée de façon pudique ou euphémistique aujourd'hui. Ce changement était lié à l'introduction des toilettes publiques (comme dans les trains) qui nécessitaient une indication sur la porte. L'utilisation originale est devenue indélicate et a en grande partie été remplacée par la table à habiller. Des vestiges du sens original sont reflétés dans des termes comme les articles de toilette et l'eau de toilette. Le mot " toilettes " lui-même peut être considéré comme impoli dans certaines régions, tandis qu'ailleurs le mot est employé sans aucun embarras.

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En France, on dit plutôt les toilettes (au pluriel), alors qu'en Belgique francophone on dit plutôt la toilette (au singulier). On dit aussi les " cabinets ", les " latrines ", les WC, les " vécés " (prononcé " wécés " en Belgique francophone). En argot, on parle de chiottes. L'expression " cabinet de toilette " désigne plutôt la salle de bains. " WC " est l'abréviation de l'anglais water closet, mais cette expression est inusitée dans les pays anglophones, où l'on parle avec euphémisme de rest room (" salle de repos ", surtout aux États-Unis).
En se rapportant à la salle ou à l'équipement de plomberie, le mot toilette est souvent remplacé par d'autres euphémismes (et dysphémismes) comme salle de bains, commodités, la selle, nécessaire, salle des messieurs ou des dames, la plus petite pièce ou le petit coin, le trône ou la salle de trône, salle de toilette, chambre à l'eau (de l'anglais, W.C. ou " water closet ") ou cabinet d'aisance.
L'origine de " loo " (l'euphémisme britannique) est inconnue, mais on le soupçonne de venir de " Gardy loo! ", une corruption de " gardez l'eau ", l'expression qui a servi d'avertissement aux passants quand des pots de chambre et d'autres réceptacles de rebut se vidaient d'une fenêtre sur la rue, pratique courante avant que les villes aient des réseaux d'égouts.

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Toilettes publiques


Les toilettes publiques peuvent être individuelles ou collectives.
Quand les toilettes sont collectives, elles présentent des boxes fermés par des cloisons individuelles, ainsi que des lavabos dans un secteur séparé, où d'autres personnes du même sexe sont présentes.
Les lavabos peuvent être communs aux deux sexes.
Les équipements réservés aux hommes ont souvent des urinoirs séparés, fixés au mur conçus pour un utilisateur seul, ou un bassin ou une cuvette pour l'usage collectif. Des urinoirs fixés au mur sont parfois séparés par de petites cloisons pour préserver l'intimité, c'est-à-dire pour masquer la vue des parties génitales de l'utilisateur.
À Paris, elles étaient dénommées vespasiennes, ou encore tasses dans l'argot homosexuel, et ne présentait que des urinoirs. Elles apparaissent en 1834 par la volonté du préfet de la Seine, le comte Claude-Philibert de Rambuteau. Raillé par l'opposition, qui a bien vite baptisé l'édicule " colonne Rambuteau ", ce dernier lance l'expression " colonne vespasienne ", en mémoire de l'empereur Vespasien, à qui l'on avait attribué l'établissement d'urinoirs publics, à Rome. Les sobriquets se multiplient. " "Les édicules Rambuteau" s'appelaient des pistières. Sans doute dans son enfance n'avait-il pas entendu l'o, et cela lui était resté. Il prononçait donc ce mot incorrectement mais perpétuellement " (Marcel Proust, Le Temps retrouvé, p. 749). Contemporains de Proust, des homosexuels du 16e arrondissement utilisaient le terme codé de baies, plus chic que l'argotique tasses, d'autres, plus populaires, les avaient baptisées Ginette. Celui de pissotière, en référence au " trou dans la muraille d'un navire pour laisser s'écouler l'eau de surface ", est resté.
La fin de la gratuité des toilettes publiques parisiennes fut votée par le Conseil de Paris le 28 janvier 1980, et les quatre premières sanisettes payantes furent construites, et un contrat de concession de ces sanisettes (marque déposée en 1980) entre la Mairie de Paris et la société JC Decaux fut signé en 1991.

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Toilettes publiques séparées par genre


La séparation par sexe est si caractéristique des toilettes publiques que des pictogrammes symbolisant un homme ou une femme est employée pour les distinguer.
Ces pictogrammes ont été critiqués pour perpétuer des stéréotypes de genre ; cependant, il ne peut y avoir aucune solution de rechange pratique.
Les toilettes publiques séparées par sexe sont une source de difficulté pour certains, par exemple, les personnes accompagnées d'enfants du sexe opposé ou des hommes s'occupant de bébés quand seule la salle de toilette réservée aux femmes a été équipée d'une table à changement de couches.
Il est souvent difficile de négocier les toilettes publiques séparées par sexe pour les transgenres ou les personnes androgynes, qui sont sujettes souvent à l'embarras, au harcèlement, voire à des problèmes avec la police.
Des personnes transgenre ont été arrêtées pour l'usage non seulement des salles de bains qui correspondent à leur genre d'identification, mais également de ceux qui correspondent au genre qu'elles ont été assignées à la naissance.
Un certain nombre de bâtiments ont des toilettes publiques additionnelles de genre neutre. Rarement on en trouve dans les institutions homosexuelles ou transgenres et dans les universités ; plus souvent ces toilettes existent pour une raison différente - elles sont marquées, pas pour être pour des femmes ou des hommes, mais pour les personnes handicapées, et sont en juste proportion équipées pour permettre aux personnes se déplaçant en fauteuil roulant de les employer.
Les toilettes des logements privés ne sont pratiquement jamais séparées par sexe.

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Toilettes payantes


Quelques toilettes publiques peuvent être utilisées gratuitement, mais d'autres exigent paiement. Celui-ci peut être réalisé de plusieurs façons :
"                dépôt sur un plat sans surveillance,
"                dépôt dans une boîte avec une fente,
"                dépôt dans la fente d'un tourniquet ou d'un ressort porte,
"                via un préposé, communément appelé Dame-pipi qui est souvent également responsable du nettoyage.
L'utilisation des toilettes publiques payantes est à l'origine de l'euphémisme britannique pour la miction, " to spend a penny " (dépenser un sou).
Dans beaucoup de gares et de stations de bus, des toilettes payantes ont été installées pendant les années 1950 et 1960, mais nombre d'entre elles ont été supprimées par la suite en raison du vandalisme sur le mécanisme des monnayeurs.

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Toilettes aux transports en commun


On trouve habituellement des toilettes dans les avions et les aéroports, dans les trains (sauf le cas de trains à parcours limité, du type trains de banlieue) et les gares, souvent dans les autobus interurbains et les bacs, mais pas dans les métros, ni dans les trams et les autobus urbains.
Dans les trains, les toilettes traditionnelles évacuent directement les déjections sur la voie, d'où la notification qui apparaît dans beaucoup de toilettes de train : " SVP, n'utilisez pas les toilettes lorsque que le train est à l'arrêt ". Dans les trains modernes, les toilettes sont équipées de WC chimiques qui font l'objet de vidange dans la station d'entretien des gares terminus.
Dans les avions, du fait de la pressurisation, les eaux usées sont stockées durant le vol et sont évacuées lors de l'atterrissage par des camions destinés à cet effet.

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Les toilettes publiques dans l'histoire


Les toilettes sont apparues tôt dans l'histoire. En 2500 avant J.-C., les habitants de Harappa en Inde ont eu des toilettes fonctionnant par eau dans chaque maison, liées par des drains couverts de briques d'argile cuite. Il y avait également des toilettes en Égypte et en Chine ancienne.
Dans la Rome antique, les toilettes faisaient parfois partie des bains publics, généralement mixtes. Les vespasiennes, premières toilettes publiques payantes, furent inventées par l'empereur romain Vespasien (9-79) en vue de collecter l'urine (utilisée par les teinturiers et blanchisseurs) ainsi qu'un impôt. Moqué pour ces économies de bouts de chandelles, il aurait répondu que " l'argent n'a pas d'odeur " (pecunia non olet), phrase devenue un dicton.
L'invention de la toilette à chasse d'eau est attribuée à l'Anglais John Harrington en 1596.
C'est seulement après les améliorations apportées pendant l'ère victorienne (dues probablement à Alexander Cummings plutôt qu'à Thomas Crapper comme c'est généralement rapporté) que les toilettes ont été plus largement utilisées.

Avant et pendant cette période de transition (qui s'est prolongée jusqu'au XXe siècle dans certaines régions), beaucoup de gens ont employé les " bécosses " extérieures (ce mot joual vient de l'anglais " back house ") en particulier dans des régions rurales.


Toilettes dans le monde


Les formes et dispositions des toilettes varient selon les pays et les cultures, notamment en raison des habitudes de défécation : la posture varie (assise ou accroupie), de même que la méthode de nettoyage anal (avec du papier toilette, de l'eau, ou des objets divers) et l'attitude fécophile ou fécophobe (qui influence l'utilisation ultérieure des excréments).

Allemagne
En Allemagne, on utilise plus volontiers la cuvette à fond plat, qui évite les projections et qui permet d'examiner les fèces à la recherche d'éventuelles anomalies ; accessoirement, cela permet aussi de pratiquer beaucoup plus facilement des tests de recherche du cancer du côlon.

Japon
Les toilettes japonaises actuelles sont connues pour leurs fonctionnalités avancées, qui peuvent inclure un jet d'eau de lavage, une commande électronique, une ventilation, etc.

Bidonvilles
Dans les bidonvilles où l'assainissement est souvent défectueux, le terme de " toilettes volantes " décrit l'utilisation de sacs plastiques pour la défécation, jetés au hasard une fois la nuit tombée.


Merci pour les illustrations à Tybo - Goupil




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