Articles sur la technique, l 'entraînement, la réglementation,  etc..

Echauffement en natation

La performance au 200 m en natation est meilleure lorsque l'échauffement est suivi d'une récupération de 10 minutes au lieu de 45 minutes.

Les vertus physiologiques de l'échauffement sont bien connues : puissance musculaire supérieure, réduction du déficit en oxygène du muscle, meilleur couplage excitation-contraction, etc. Cependant, peu s'entendent sur le protocole exact à adopter afin d'optimiser ces bienfaits. Il semblerait qu'une période de repos trop longue suivant l'échauffement s'accompagne d'une moins bonne performance.

Un groupe de dix nageurs a effectué un échauffement standardisé, composé d'exercices spécifiques à intensité moyenne de 75 % du VO2max et d'une durée totale de 25 minutes. Par la suite, certains eurent une pause de 10 minutes avant de débuter l'épreuve, et 45 minutes pour les autres. La semaine suivante, la même évaluation fut effectuée où l'on interchangea les conditions. Les paramètres suivants furent notés suite à l'échauffement et pendant ou immédiatement après l'échauffement : fréquence cardiaque, taux de lactate sanguin et perception de l'effort.

Des temps significativement plus rapides furent enregistrés pour la routine d'échauffement suivie d'une pause de 10 min comparativement après 45 min (136,80 vs 138,69 secondes). La fréquence cardiaque était plus élevée au départ du test suivant la pause de 10 min comparativement au départ du test suivant la pause de 45 min. Il n'y eut aucune différence de la perception de l'effort et du taux de lactate.

Même si ces résultats ne permettent pas de cerner précisément la durée idéale de repos entre la fin de l'échauffement et le début de l'épreuve, ils indiquent que les athlètes ont intérêt à ne pas observer une trop longue période de repos avant le départ. Comme les nageurs n'ont généralement pas la possibilité de s'échauffer au moment de leur choix, sans doute faut-il miser sur des exercices hors piscine pour maintenir l'activation (sauts, exercices balistiques, etc.), et à plus forte raison dans les cas de retard des épreuves.

Source primaire

Zochowski T et al. (2007) Effects of varying post-warm-up recovery time on 200-m time trial swim performance Int. J Sports Physiol Performance2:201-11.
www.humankinetics.com/IJSPP/viewarticle.cfm?aid=8291

Rédactrice

Joanie Caron, B.Sc. Kinésiologie, joanie_caron@hotmail.com .

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La natation entretien


La natation permet de mobiliser de nombreux muscles, en milieu aquatique avec peu de risques de traumatisme, et apporte une dépense énergétique importante (surtout le crawl).
Bon pour la forme, l'entretien des articulations et du coeur, mais il faut savoir nager, se connaître et comprendre son entraînement.

NAGER POUR ETRE EN FORME


Les bienfaits potentiels de la natation.

C'est une activité complète qui mobilise les articulations, les muscles, le coeur. Elle permet une dépense énergétique parmi les plus importantes des activités physiques, avec peu de risque traumatique. Une heure de natation sportive peut faire dépenser de 1000 à 1500 KCal, soit l'équivalent de 100 à 150 g de graisse. La déperdition calorique est fonction de l'intensité de la nage, de la technique de nage, de la température de l'eau. La dépense est plus importante chez le "mauvais nageur". Elle procure une sensation de bien être et une " bonne fatigue " qui permettra une meilleure récupération du stress physique et psychique. Elle peut s'adapter à ses capacités et se pratiquer à tout âge.

Pour mieux comprendre.

C'est le coeur et la circulation sanguine qui limitent les possibilités des efforts, par leurs capacités à apporter un volume de sang suffisant au niveau des muscles (transportant l'oxygène fixé sur l'hémoglobine).
Si vous voulez diminuer votre stock de graisses ...
  • il vous faut une durée d' entraînement prolongée , environ 1 heure de temps ,
  • l'effort devra être en aérobie , soit en dessous du seuil anaérobie lactique , mais pas trop faible non plus . L'idéal est d'approcher ce seuil sans le dépasser ...
  • plus l'effort se prolonge (après 30 mn), plus l'organisme puise, non seulement ses ressources énergétiques au niveau du glycogène, mais de plus en plus au niveau des graisses stockées dans les adipocytes ( cellules adipeuses).
  • pour autant, l'effort ne doit pas être trop intense, sinon vous produisez une fatigue avec de l'acide lactique, et vous pouvez puiser trop de glucose sanguin avec le risque d'un état d'hypoglycémie (à éviter).
  • pensez à vous hydrater régulièrement (boire de l'eau par gorgées pendant la séance au moment des temps de repos). Si vous prolongez trop l'heure d'entraînement, un apport supplémentaire en eau légèrement sucrée peut être nécessaire.

ESSENTIEL


Vous devez réaliser des séances de 60 mn au minimum à 90 mn.

Si vous avez terminé votre séance avant 60 mn, vous devez choisir une séance plus longue (de difficulté plus élevée). Vous allez pouvoir progresser au sein de chaque niveau de nage.
Au long terme, à ne pas oublier...
  • l'intensité. Elle permet une adaptation de l'organisme au niveau du coeur et des muscles. Une activité trop faible est certes mieux que la sédentarité, mais ne permet pas de réels progrès ...
  • la fréquence. Une séance par semaine (60 à 90 mn) représente le minimum. Pour une réelle progression des capacités, 3 séances par semaine sont nécessaires.
  • la régularité. Un arrêt de 4 à 6 semaines peut entraîner une régression nécessitant de 6 à 8, voire 10 semaines pour retrouver son niveau ...
Un cycle de 6 à 8 semaines représente le minimum pour entraîner une adaptation de l'organisme et donc un progrès physiologique ... la patience est donc nécessaire.

Pour faire un bilan de vos progrès, vous pouvez réaliser des tests simples (par exemple toutes les 3 à 4 semaines) :

Test 1 : comptez le nombre de mouvement que vous réalisez pour effectuer 50 m. Plus vous réalisez de mouvements (propulsion insuffisante, glissement insuffisant) moins votre niveau est élevé. Avec l'entraînement vous serez en mesure de diminuer ce nombre de mouvements sur 50 m.
Test 2 : prenez votre temps sur 50 m.
Test 3 : prenez votre temps sur 400 m.
Test 4 : comptez la distance parcourue dans votre séance.

Derniers conseils

Au début, commencer par prendre des temps de récupération un peu plus larges, pour les diminuer progressivement en fonction de votre meilleure aisance dans l'eau. Il faut alors essayer, et puis rectifier ou corriger, pour mieux se connaître et préparer de meilleures séances. Ne pas hésiter à adapter, en fonction de la forme du jour. Même fatigué, on peut aller faire une séance, qui sera évidemment plus facile.
Le fait de construire soi-même sa séance, de noter sur un carnet vos tests et le fruit de votre expérience (mais aussi votre poids, votre tour de taille en cm ...), de constater vos progrès, seront les meilleurs garants de votre motivation et de votre réussite .

TECHNIQUE ET MEDICAL


La brasse a été longtemps la première nage apprise. Elle permet des efforts plus faciles en particulier dans le style dit " brasse coulée ", donc au débutant ou nageur modéré de faire malgré tout des distance. Elle permet une sollicitation importante des membres inférieurs (différente et complémentaire des autres nages). Le style plus proche de la compétition peut entraîner des mouvements d'hyperlordose lombaire et de torsion-rotation au niveau des genoux, ce qui n'est que peu conseillé pour l'entretien de l'adulte. En cas de douleurs de l'épaule, la brasse peut être pratiquée, voire conseillée.
Si vous ne savez nager que la brasse, pensez à inclure dans les séances des exercices pour vous amener au crawl. Commencer par les battements (éventuellement entrecoupés de mouvements de jambes de brasse) et par des bras avec pull.

Le crawl est la nage préférentielle : plus rapide, entraînant le plus de dépenses énergétiques, favorable au développement musculaire des dorsaux et des épaules, étirant et assouplissant le rachis dorsal, évitant en règle générale l'hyperlordose lombaire. Il peut être interdit dans le cas de douleurs de l'épaule par des lésions de la coiffe des rotateurs.

La nage en dos est souvent recommandée pour le dos, car elle étire la région dorsale. Mais attention, ce n'est pas le remède contre les lombalgies. Elle ne renforce pas vraiment les muscles paravertébraux au niveau lombaire, et surtout un sujet "raide des épaules" ou mauvais nageur compensera sa raideur par une position en hyperlordose lombaire, ce qui est alors néfaste pour le lombalgique.

La nage papillon est à laisser aux nageurs de compétition.


Docteur Alain RENAULT


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Devenir un bon nageur


Chez l'Homme, la propulsion des jambes participe peu à l'avancement dans l'eau (en crawl moins de 10% dans les forces propulsives). On nage de façon plus économique lorsqu'on se contente de l'action des bras. Seulement, on doit aussi rester à plat et le battement des jambes permet le maintien d'une position horizontale.
Une amélioration de l'efficacité de la propulsion se produirait grâce à l'allongement des bras. Puis il faut compter avec l'accroissement de la force musculaire des membres supérieurs.
Quand on est plus costaud on est capable d'une propulsion plus efficace et on parcourt une plus grande distance à chaque cycle de bras.

Pourquoi les femmes flottent


On s'aperçoit que les femmes sont plus économiques que les hommes en raison d'une répartition des graisses plus favorables pour une flottaison en position parfaitement horizontale. En clair, elles stockent les graisses sur les fesses et les cuisses et cela positionne mieux le corps sur un plan hydrodynamique, alors que leurs homologues masculins ont plutôt tendance à stocker la graisse au niveau du ventre et des épaules et se retrouvent de ce fait prisonniers d'une sorte de bouée qui tend à les placer en position verticale.

Pour nager vite nager lentement


Le russe Alexandre Popov et son entraîneur Guennadi Touretski  avaient parfaitement saisi cette subtilité. Lorsque le nombre de cycles de bras (bras droit et bras gauche) de Popov excédait 23 ou 24 mouvements par 50 mètres, ils considéraient l'un et l'autre que l'efficacité de propulsion se dégradait trop pour pouvoir continuer à une telle intensité et ils réduisaient nettement la cadence.
Le travail technique qui vise à augmenter la distance couverte par cycle peut difficilement être réitéré longtemps à vitesse élevée sans s'accompagner d'une altération massive de l'efficacité de la propulsion. Dans l'apprentissage de la natation on doit donc, s'efforcer de diminuer le nombre de mouvements de bras pour une distance donnée afin d'améliorer le rendement du geste.
Il faut apprendre à bien nager à une vitesse modérée avant d'être capable de maintenir le bénéfice d'une longueur de cycle élevée à des intensités plus importantes.

Les secrets d'une propulsion efficaces sont aux nombres de deux

  • D'abord, il faut faire des mouvements très amples : entrer la main très loin devant soi et la sortir très loin derrière. Tout cela sans se tortiller. On doit continuer à fendre l'eau en perturbant le moins possible l'écoulement et gagner les centimètres en travaillant la souplesse de l'épaule et la coordination de l'ensemble du haut du corps.
  • Ensuite, il s'agit d'insister sur l'importance de déployer toute sa force seulement lorsque les segments sont bien orientés. En natation si l'action motrice est orientée vers le haut ou vers le bas, les oscillations verticales perturberont la glisse.. Pour cela il faut se débarrasser du souci que constitue le travail des jambes (en crawl moins de 10% dans les forces propulsives). Leurs mouvements exercent seulement une fonction d'équilibration. Les jambes participent au maintien de la position horizontale qui optimise la glisse.
Très tôt dans le mouvement il faut positionner la surface motrice représentée par la main et l'avant-bras dans une position perpendiculaire au déplacement. Pour cela il importe de casser le poignet puis le coude au cours du trajet moteur.

Cliquez pour agrandir l'image

Pour rappel, un muscle qui se contracte n'est plus perfusé. Il suffit d'une force égale ou supérieure à 20% du maximum pour que les capillaires soient écrasés et que le sang reste en périphérie.
Le muscle doit donc obligatoirement attendre la fin de la contraction pour se refaire une santé. D'où cette nécessité d'être le plus relâché possible dans la phase aérienne de retour des bras vers l'avant.

VO2max, n° 98/99
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Vidéo POPOV Alexander


Souvent imité, rarement égalé, pas encore dépassé...

Alexander Popov... un monstre de technique. Toujours détenteur du record du monde du 50 nage libre en bassin de 50m


Pays :  Russie
Age 35 ans
Date de naissance 16 novembre 1971
Lieu de naissance Sverdlovsk (Russie)
Taille 1m97
Poids 90 kg
Spécialité(s) 100m nage libre

Records

50m nage libre Records d'Europe    (50m) 21"64 16/06/2000 Moscou (Russie)
50m nage libre Records du Monde  (50m) 21"64 16/06/2000 Moscou (Russie)
50m nage libre Records Olympiques          21"91 30/07/1992 Barcelone (Espagne)

Palmarès

2003 Ch. Du Monde (GB) 1er    50m nage libre 21"92 (Barcelone)
2003 Ch. Du Monde (GB) 1er    100m nage libre 48"42 (Barcelone)
2003 Ch. Du Monde (GB) 1er    Relais 4x100m nage libre 3'14"06 (Barcelone)
2003 Ch. Du Monde (GB) 2ème  Relais 4x100m 4 nages 3'34"72 (Barcelone)
2002 Ch. Du Monde (PB) 3ème  Relais 4x100m nage libre 3'11"24 (Moscou)
2000 JO                        2ème  100m nage libre 48"69 (Sydney)
1998 Ch. Du Monde (GB) 1er    100m nage libre 48"93 (Perth)
1998 Ch. Du Monde (GB) 2ème  50m nage libre 22"43 (Perth)
1998 Ch. Du Monde (GB) 3ème  Relais 4x100m nage libre 3'18"45 (Perth)
1996 JO                        1er    50m nage libre 22"13 (Atlanta)
1996 JO                        1er    100m nage libre 48"74 (Atlanta)
1994 Ch. Du Monde (GB) 1er    50m nage libre 22"17 (Rome)
1994 Ch. Du Monde (GB) 1er    100m nage libre 49"12 (Rome)
1994 Ch. Du Monde (GB) 2ème  Relais 4x100m 4 nages 3'38"28 (Rome)
1994 Ch. Du Monde (GB) 2ème  Relais 4x100m nage libre 3'18"12 (Rome)
1992 JO                        1er    50m nage libre 21"91 (Barcelone)
1992 JO                        1er    100m nage libre 49"02 (Barcelone)


Vidéo


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La notion d'allure (2ème partie)


Comment les meilleurs nageurs construisent l'allure de chaque épreuve compétitive...!!!!


L'étude des plans de course associée à la connaissance des possibilités physiques et techniques de chaque nageur reste le moyen le plus efficace pour l'entraîneur, afin d'analyser de la manière la plus objective possible les différentes parties chronométriques d'une course.


Le 100 mètres nage libre.

L'analyse du 100 mètre crawl montre que le recordman de cette distance a utilisé l'égalité d'allure. Il passe à environ une seconde de son meilleur temps au 50 mètres et il faiblit de 1,5 seconde sur le second 50 mètres.

(MT "50" + 1) + (MT "50" + 2.5)

Le 200 mètres nage libre.

Les meilleures courses de 200 mètres crawl se font à égalité d'allure. Le premier 50 mètres est nagé à environ 2 à 3 secondes du meilleur temps au 50 mètres. Le second et le troisième sont de 1,5 à 2 secondes du premier, le dernier est à peu prés ou légèrement meilleur que les deux précédents.
Certains nageurs ont parfois tendance à nager les 100 premiers mètres plus lentement pour économiser un peu plus d'énergie pour la fin de la course.

(MT "50" + <2; 3>) + [2x (MT "50" + <2; 3> + <1.5; 2>)] + (MT "50" + <2; 3>+<1; 1.5>)

Le 400 mètres nage libre.

L'égalité d'allure et le négative Split sont utilisés avec succès pour le 400 mètres crawl. Les meilleurs nageurs de cette distance font les 100 premiers mètres plus de 4 ou 5 secondes de leurs meilleurs temps. Les deux 100 mètres suivants sont à vitesse relativement constante, deux secondes plus lentement que le premier 100 mètres et le dernier 100 mètres est compris entre 0,5 à 1 seconde plus rapide que les deux 100 mètres précédents.

(MT "100" + <4; 5>) + [2x (MT "50" + <6; 7>)] + (MT "50" + <4.5; 6>)

Le 800 mètres nage libre.

L'égalité d'allure avec un sprint final est le train utilisé lors des meilleures courses du 800 mètres crawl.
En prenant la course 100 par 100 mètres, le premier est environ 4 à 5 secondes du meilleur temps au 100 mètres, les six suivants sont de 1 à 2 secondes plus lents que le premier, le dernier 100 mètres est en général à peu prés égal au premier. " Kieren PERKINS (Australie) Janet EVANS (U.S.A) "

(MT "100" + <4; 5>) + [2x (MT "50" + <5; 7>)] + (MT "100" + <4; 5>)

Le 1500 mètres nage libre.

La plupart des nageurs de cette épreuve utilisent une égalité d'allure jusqu'à 100 ou 150 mètres de la fin, puis ils augmentent leur vitesse et leur sprint final.
Il est très intéressant de diviser la course en tranches de 100 mètres pour savoir à quel point le nageur se réserve.
Les 100 mètres suivants sont nagés à vitesse constante de 2 à 3 secondes plus lentement que le premier et le dernier 100 mètres est nagé de 1 à 2 secondes plus vite que les précédents a peu prés égal au premier. "
Kieren PERKINS (Australie) Janet EVANS (U.S.A)"

Le 100 mètres papillon.

Les meilleurs nageurs de cette distance utilisent comme ceux du crawl l'égalité d'allure et font leur premier 50 mètres à 1 seconde de leur meilleur temps et faiblissent ensuite de 2 à 3 secondes. " Denis PANKRATOV (Russie)".

(MT "50" +1) + (MT"50" +<3; 4>)

Le 200 mètres papillon.

Le 200 mètres papillon est une course à égalité d'allure. Bien que, au départ, les papillonneurs se réservent plus que les nageurs du crawl , ils faiblissent un peu plus que les nageurs du crawl au départ et ils faiblissent un peu plus dans la seconde moitié de leur course.
Les meilleurs nageurs de cette épreuve partent généralement à 3 ou 4 secondes de leur meilleur temps au 100 mètres et faiblissent de 2,5 à 4 secondes sur le second 100 mètres. " Denis PANKRATOV (Russie) "

(MT "50" +1) + (MT"50" +<3; 4>)

Le 100 mètres brasse.

Les courses de brasse se nagent aussi en égalité d'allure comme celles du papillon et du crawl.
Les meilleurs nageurs font le premier 50 mètres à 1 ou 2 secondes de leur meilleur temps et faiblissent dans la seconde moitié de la course de 2 à 3 secondes.


Le 200 mètres brasse.

Les bons nageurs du 200 mètres brasse pratiquent l'égalité d'allure. Ils partent à environ 2 à 3 secondes de leur meilleur temps du 100 mètres et reviennent an faiblissant de 2 à 4 secondes. Les trois derniers 50 mètres se nagent de 2 à 3 secondes plus lent que le premier. " Mike BAROWMAN (U.S.A) "

Le 100 mètres dos.

Les meilleurs dossistes nagent le premier 50 mètres environ 0,5 à 1 seconde plus lentement que leur meilleur temps et faiblissent sur le second de 1,5 à 2,5 secondes.

Le 200 mètres dos.

Les courses de 200 mètres dos sont nagées aussi en égalité d'allure. La plupart des bons nageurs de cette distance partent à environ 2 à 3 secondes de leur meilleur temps du 100 mètres et reviennent avec 2 à 4 secondes de plus par 50 mètres. Les trois derniers 50 mètres sont plus lents de 2 à 3 secondes que premier.

Le 200 mètres quatre nages.

Les nageurs de 200 mètres quatre nages font le premier 50 mètres 2 secondes plus lentement que leur meilleur temps au 50 mètres papillon, leur second trois secondes plus lentement que leur meilleur temps en dos, leur troisième 5 à 6 secondes plus lentement que leur meilleur temps en brasse et leur dernier 4 secondes plus lentement que leur meilleur temps en crawl.

Le 400 mètres, quatre nages.

Les nageurs de 400 mètres quatre nages font le premier 100 mètres de 2 à 3 secondes plus lentement que leur meilleur temps, le second et le dernier 6 à 7 secondes plus lentement et le troisième 8 à 10 secondes plus lentement.
L'analyse chronométrique relative au "temps de passages" des différentes épreuves de compétition montre que les meilleurs nageurs utilisent une allure pratiquement identique du début à la fin de la course, c'est à dire une régularité d'allure.


Quelle stratégie faut-il adopter au cours de la compétition


Sur le plan compétitif, l'objectif d'un nageur expérimenté peut se résumer dans la réalisation du meilleur temps possible sur une distance donnée, par une maîtrise des situations compétitives. Dans ce cadre, il est capable d'influer sur le déroulement de l'épreuve et sur les adversaires afin de les éprouver et de les perturber tout en étant maître de ses efforts grâce à son sens tactique.


Stratégies offensives


Partir plus vite que prévu

Cette stratégie marche bien contre les adversaires inexpérimentés et contre ceux qui ont un sprint final efficace. Les premiers peuvent se démoraliser lorsqu'on part devant, les seconds ne seront pas capables de finir avec un sprint s'ils sont obligés d'aller plus vite qu'ils ne l'ont prévu.

Partir plus lentement que prévu

Cela marche bien contre ceux qui sont de mauvais finisseurs. Un train plus lent au départ peut leur faire croire qu'ils vont trop vite ce qui les fait ralentir avec un sprint final permettant de les dépasser à la fin.

Accélération brutale au milieu de la course

Cette stratégie est efficace contre les adversaires qui ont tendance à renoncer et qui sont derrière. Le sprint peu les démoraliser et par la suite un retour au rythme précédent suffit pour conserver l'avance jusqu'à la fin de la course.


Stratégies défensives



Un adversaire part plus vite que prévu

La stratégie qui correspond à celle-ci est de rester suffisamment proche de l'adversaire pour pouvoir le doubler, même si cela amène le nageur à nager plus vite que ce que prévoit son plan. L'adversaire devrait travailler durement pour aérer la course, cela va avoir pour conséquence l'apparition de la fatigue, qui va profiter au nageur poursuivant intelligemment.

Un adversaire impose un train lent au départ

Le nageur ne doit pas avoir peur et doit mener la course à son propre train, parce que certains nageurs font le négative split et attendent d'être derrière en début de course, pour partir vite à la fin.

Un adversaire essaie de s'éloigner en milieu de course

Même avec un train rapide, l'adversaire pourra être démoralisé si son sprint ne lui permet pas de s'éloigner. De plus, il se fatigue plus à cause d'une vitesse élevée.

Un adversaire essaie de rester en tête dans les piscines à vagues

Il peut être avantageux d'être en tête dans les piscines où il y a beaucoup de vagues, surtout en papillon. Nager dans le siège des concurrents augmente l'énergie dépensée pour combattre la tramée des vagues. Dans tel cas, il est bon de négliger la stratégie et d'essayer de rester en tête tout au long de la course. Si le train est trop rapide, le nageur doit essayer de rester proche de la tête de course.

La stratégie de course constitue un facteur décisif de réussite dans les épreuves compétitives de natation, surtout entre adversaires ayant des valeurs égales ou proches, l'expérience et la vitesse restent des éléments déterminants.


Source : Extrait de : …….." Contribution de la régularité d'allure dans l'optimisation de la performance en natation sportive " ….. M.Fkeoui ; H.El haouat. INS.My.R 1996


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La notion d'allure (1ère partie)

Le développement progressif de la natation de compétition est dû en grande partie à la spécificité de ce sport.



L'allure ...!!!


Quelque soit le sport, un record est toujours fait pour être battu, il peut tenir des années mais un jour vient ou quelqu'un fait mieux.
En natation de compétition, une simple lecture des résultats obtenus lors des jeux olympiques depuis 1908 permet de constater que le 1500 mètres se nage aujourd'hui à une vitesse plus élevée que se nageait le 100 mètres en 1920.
La question qui se pose, est :"comment expliquer un tel accroissement du rendement des nageurs dans cette discipline ?".

Le domaine de la recherche fondamentale en natation sportive s'est considérablement amélioré au cours des dernières années. Ce développement progressif s'explique en grande partie par la spécificité de ce sport et l'intégration des travaux scientifiques d'une grande importance "physiologie biomécanique psychologie" d'où la tâche des entraîneurs de natation qui consistera à faire progresser les nageurs jusqu'au niveau de la performance, puis de les maintenir à ce niveau et de les améliorer tout en cherchant la perfection. Cette perfection qui se trouve dans l'application créative des principes et méthodes d'entraînement et la mise au point pour le programme d'une stratégie à long terme de conditionnement dans chaque cycle de préparation.

En natation compétitive, l'analyse de l'évolution des performances dans les différentes épreuves et à travers les résultats des meilleurs nageurs, montre que la recherche d'un meilleur rendement ne pourra être atteint qu'en conservant une vitesse relativement égale pendant toute la course, d'où la nécessité de savoir répartir l'effort avec une grande économie tout au long de la course en se basant sur un plan d'allure bien défini.
Après un sondage d'opinion que nous avons effectué, une analyse des résultats des compétitions nationales et notre vécu auprès d'un ensemble de clubs de natation, nous avons constaté :
  • A l'exception de certains nageurs, les autres ont du mal à contrôler leurs courses et à se déplacer à une  vitesse uniforme ils perdent vite leur vitesse de départ et n'arrivent pas à terminer la course avec la même  allure.
  • Un manque d'intérêt de certains entraîneurs à l'analyse chronométrique de la course à partir des temps de passage de la fréquence et de l'amplitude gestuelle; ils n'enseignent pas aux jeunes nageurs comment ils doivent développer une bonne allure de nage afin de gérer leurs courses et d'économiser l'énergie.
  • Au cours des séances d'entraînement, certains nageurs ne peuvent pas prédire le temps qu'ils ont réalisé à quelques secondes prés et ne savent pas à quelle allure ils doivent nager sur chaque épreuve.

Dans les sports cycliques tel la natation, une bonne répartition de l'effort associée à une meilleure maîtrise technique durant les entraînements comme en compétition jouent un rôle important dans l'optimisation de la performance chronométrique.
Une simple comparaison entre spécialistes et nageurs inexpérimentés montre que ces derniers privilégient un début de course rapide. Cependant, on pense que la mise en oeuvre pratique d'un programme de préparation tenant en compte l'amélioration d'allure semble indispensable d'où la formulation de l'hypothèse suivante :
* La capacité à gérer un 400 mètre crawl implique, des interrelations entre de nombreux paramètres liés à l'effort.  La meilleure gestion de ce type d'effort implique des passages à une allure équivalente permettant une économie énergétique sans perturbation du rendement en compétition; donc à une optimisation de la performance chronométrique.*

L'activité "natation" est envisagée, depuis longtemps par de nombreux entraîneurs et scientifiques spécialisés, comme une pratique où le sujet est impliqué dans sa globalité. Elle relève essentiellement d'une activité énergétique et biomécanique beaucoup plus riche qu'il n'apparaît au premier abord. Elle doit être pratiquée et enseignée avec méthode consciente et réfléchie en mettant en relation l'ensemble de facteurs qui la régissent.

Dans notre démarche, l'entraîneur doit considérer outre l'application des grands principes régissant l'énergétique musculaire "physiologie" et les lois des mouvements "biomécanique", une composante à notre sens originale de la compétition qui est en relation étroite avec les autres paramètres qui ne peuvent être dissociés : la composante d'allure, et à travers elle, l'aspect de la gestion de l'effort par des exercices compréhensibles relevant d'une démarche méthodique visant à optimiser cette composante et permettant d'arriver à des progrès réels.

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Pour la clarté de notre travail nous les analyserons séparément tout en sachant qu'agir sur l'un provoque des transformations sur les autres.


Qu'est ce que la notion d'allure.


"La notion d'allure ou de train renvoie au problème du dosage ou de la préparation de l'effort, et permet d'expliquer les phénomènes de consommation d'énergie, elle correspond donc à la façon plus au moins rapide de se déplacer".
Effectuons un parallèle avec la consommation d'un véhicule à moteur roulant en ville en pleine circulation. Le fait d'accélérer et de ralentir sans cesse entraîne une consommation d'énergie plus importante, que s'il s'agissait d'un trajet continu.
Même si l'allure moyenne en ville est de 50-60 km/h, elle est plus coûteuse que sur route avec une allure de déplacement uniforme de 90-100 Km/h. Par conséquent, il est clair qu'il est moins coûteux d'entretenir une vitesse plutôt que de la recréer sans cesse. Pour nager il faudra aussi s'inspirer de ce principe, le problème  de l'allure est une condition fondamentale à respecter pour gérer son effort physique avec économie.

L'intérêt de gérer l'allure de course.


La véritable spécificité en natation de compétition apparaît plutôt au niveau de la gestion de la course. En effet, l'adoption d'une allure régulière semble être un élément indispensable à l'utilisation la plus efficace et la plus rationnelle du potentiel physique. Cette adoption suppose une bonne connaissance des vitesses de déplacement, des rapports entre l'amplitude et la fréquence gestuelle et des rapports entre la durée et l'intensité de l'effort à fournir.
Pour ne pas conduire le nageur à l'échec il est très intéressant pour l'entraîneur de bien développer chez celui-ci la capacité de nager à allure régulière, qui s'avère essentielle dans le domaine de la compétition. Ce paramètre établit souvent, la différence entre deux nageurs de niveau apparemment identique.

La particularité de l'allure en natation de compétition.


A titre d'exemple, il est intéressant de constater que la diminution de vitesse, à mesure que la distance des épreuves augmente, est plus faible en natation qu'en course à pied. Les coureurs perdent 30% de leur vitesse en delà de quatre minutes, les nageurs 10%, après environ quinze minutes; les coureurs ont perdu 37% de leur vitesse les nageurs 17%.

Comme les courses commencent par un plongeon le premier temps partiel est généralement plus rapide que les suivants, même si le nageur essaie de se réserver. De plus, les parties suivantes de la course commencent avec des virages qui s'ajoutent aux temps intermédiaires et font sous estimer la vitesse du nageur.

En effet, la nage diffère de la course à pied sous d'autres aspects. A la nage, le nageur dépense de l'énergie pour flotter et avancer grâce à l'action simultanée ou successive des membres supérieurs et inférieurs ainsi que pour vaincre la traînée engendrée par le déplacement d'un corps dans l'eau. Cette utilisation varie en fonction du milieu d'immersion, de la grosseur, de la forme et de la vitesse du corps. Tous ces facteurs font qu'il faut dépenser environ quatre fois plus d'énergie à la nage qu'à la course pour parcourir la même distance.

La détermination de l'allure de nage.


Avec les temps ajoutés par le virage et l'avantage du départ, le premier temps de passage en papillon, en dos et en brasse sera généralement de 2 a 3 secondes plus rapide que les temps suivants même si le nageur nage avec une Vitesse constante. En crawl cette différence ne sera que de 1,5 à 2 secondes puisque le premier temps intermédiaire se prend au pied après une partie du virage.
Pour un nageur qui a un premier temps de passage inférieure de 2 à 3 secondes si la différence est moindre, le nageur fait le négatif split, si elle est supérieure l'allure est de type rapide-lent.

Quelle référence utiliser.


Pour pouvoir déterminer les différents temps de passage au cours d'une course, l'entraîneur doit savoir à quelle vitesse son nageur peut franchir la première moitié de sa course par rapport à son meilleur temps sur cette distance, tout en étant capable de terminer la course sans faiblir. On peut également déterminer la vitesse du départ appropriée en examinant les temps intermédiaires lors des meilleures performances.

Prenons l'exemple des meilleures performances au 200 mètres crawl qui sont souvent  nagées avec un temps intermédiaire au 100 mètres plus lent de 2 secondes que le meilleure temps au 100 mètres et avec un retour de 2 secondes moins rapide que le premier 100 mètres. Par conséquent un nageur de 200 mètres doit essayer de parcourir la première moitié de sa course à 2 secondes de son meilleur temps au 100 mètres et de ne pas faiblir de 2 secondes dans la deuxième moitié.

Comment déterminer l'allure de base.


Dans une même équipe, les capacités des nageurs sont le plus souvent très hétérogènes et il conviendrait de différencier les objectifs en fonction des différents niveaux observés. Avant de passer à l'action il faut connaître les potentialités et l'allure de base de chacun pour pouvoir programmer l'entraînement en conséquence.
Les principaux indicateurs permettant de déterminer l'allure de base d'un nageur sur une distance donnée sont:

Le temps final réalisé sur la distance.

Exemple : 400 mètres crawl en 4m36". L'allure de base par 100 mètres sera 1'09", mais des erreurs d'allure (départ trop rapide-départ trop lent) peuvent fausser cette appréciation.

La comparaison des temps de passage entre les deux moitiés de l'épreuve.

Exemple : sur un 400 mètres crawl les temps des deux 200 mètres. Un départ trop rapide avec un temps de la deuxième partie supérieur à celui de la première " le départ est lent avec un sprint final "

Analyse des différents compartiments de la distance.

Cette dernière méthode est plus révélatrice d'une possibilité de détermination d'allure supérieure à celle exprimée par la performance finale

Les plans de course.


La natation sportive est parmi les activités physiques qui mettent en lumière la nécessité d'étudier la tactique de course, et ce n'est qu'à partir d'une analyse raisonnable des différents types de courses que trois plans généraux ont été dégagés:

1. - Egalité d'allure.
2. - Train lent-rapide.
3. - Train rapide-lent

  • Égalité d'allure "Even Split'.
A partir de l'analyse du train des meilleures courses du monde, on constate que c'est le plan le plus fréquent et le plus efficace il demande que l'on commence à un train que l'on pourra maintenir sur toute la distance ce qui permet de retarder l'accumulation de la fatigue.

  • Train lent-rapide "Négative Split".
Ce plan demande une course nagée à vitesse progressive, la deuxième moitié de la distance est nagée plus rapidement que la première, ce qui permet également de retarder l'accumulation des déchets.
De plus, bien que le fait de nager sa course progressivement produise des meilleurs temps, certains nageurs commettent l'erreur de nager la première partie de leur course si lentement qu'il ne peuvent plus rattraper leurs concurrents quelque soit la qualité de leur sprint final d'où la nécessité d'avoir un plan de course pour éviter de telles erreurs.

  • Train rapide-lent.
Le plan le plus utilisé par les nageurs inexpérimentés, voit les premières parties de la course nagées plus vite que les suivantes, considéré comme la moins bonne méthode dû au fait que la vitesse relativement élevée de la première moitié de la course implique une accumulation rapide des lactates qui provoque une réduction de plus en plus importante de la vitesse au cours de la seconde moitié.

Source : Extrait de : …….." Contribution de la régularité d'allure dans l'optimisation de la performance en natation sportive " ….. M.Fkeoui ; H.El haouat. INS.My.R 1996
 
A suivre 2éme et 3éme partie...
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Préparation physique et musculation du nageur


Musculation du nageur.pdf

La préparation physique est un outil complémentaire et moderne qui permet d'améliorer les capacités de performance. Si tout le monde en parle, de façon positive ou perplexe, le concept reste souvent assez vague. Il paraît nécessaire de définir clairement cet outil et d'en identifier les composantes.
Si la préparation prioritaire du nageur est et doit rester l'entraînement dans l'eau, de nombreuses méthodes d'entraînement " annexes " permettent de valoriser les acquis aquatiques. Au regard du niveau de performance atteint, nager plus et plus dur pour nager plus vite n'est plus une certitude. La composante physique de la performance du nageur dépend d'une exploitation optimale des qualités physiques associées à la discipline. Si en nageant, l'athlète fait valoir l'ensemble de ses qualités physiques, dans des proportions qui différent en fonction de la distance, de la vitesse et de la nage, la préparation physique permet d'isoler une ou plusieurs qualités afin d'en élever le niveau fonctionnel.

Nous distinguons 5 qualités physiques :

*L'ENDURANCE qui est la capacité psycho-physique à résister à la fatigue, permet de soutenir un effort plus longtemps, mais aussi favorise les capacités de récupération.

*La FORCE qui est la capacité à vaincre une résistance élevée :
  •                 un nombre important de répétitions : notion de " force endurance "
  •                 résistance d'une charge proche du max ou maximale : notion de " force maximale "
  •                 avec le plus de vitesse possible : notion de " force vitesse "

*La VITESSE qui est " la capacité, sur la base des processus cognitifs, de la volonté maximale et du fonctionnement du système neuro-musculaire, d'atteindre dans certaines conditions la plus grande rapidité de réaction possible " déf. Weineck
  •                 vitesse d'action (de déplacement, vitesse de nage)
  •                 vitesse de réaction (suite à un signal, en natation le départ)
  •                 vitesse gestuelle (notion de cadence, de nombre de coups de bras /min)

*La SOUPLESSE qui est la capacité à effectuer soi-même (mobilité active) ou avec l'aide de forces extérieures (mobilité passive), des mouvements de grande amplitude.

*La COORDINATION qui permet au sportif de maîtriser ses actions et de les exécuter de façon économique. Elle est la condition    générale fondamentale à la base de toute action gestuelle.

*La PUISSANCE qui est définie comme la FORCE x VITESSE. En natation la force étant la pression appliquée sur l'appui et la vitesse, la fréquence gestuelle (coups de bras / unité de temps). De plus le rendement lié à l'efficacité technique intervient aussi dans la notion de puissance.
En effet la technique ou COORDINATION, permet d'utiliser un maximum d'énergie organique libérée pour produire de l'énergie mécanique donc du déplacement. De plus la liberté articulaire couplée à la capacité de relâchement musculaire, influence directement l'efficacité du mouvement. Ainsi la SOUPLESSE joue un rôle dans la libération de la puissance.
Donc être puissant c'est être capable de libérer et d'exploiter un maximum d'énergie dans un minimum de temps, ce qui permet pour un nageur de se déplacer rapidement dont d'être performant. L'ENDURANCE permet, elle, de prolonger l'effort et de le répéter.

Nous avons donc démontré que ces 5 qualités physiques sont mis au service de la PUISSANCE donc de la PERFORMANCE. Isoler ces qualités physiques pour en élever le niveau grâce à un entraînement spécifique est une stratégie de plus en plus courante.
Si l'entraînement physique non spécifique (Préparation Physique) est une méthode d'entraînement solidement ancrée pour de nombreuses disciplines (aviron, athlétisme, boxe …) et dans de nombreux pays (Europe de l'Est, Amérique du Nord…), dans le milieu de la natation Française, cette méthode d'entraînement est trop souvent réservée à l'élite, abordée de façon trop tardive et trop souvent victime de nombreux préjugés.

Ainsi la préparation physique plus communément appelée " travail à sec " en natation peut enrichir la préparation du nageur.
Etre plus fort pour nager plus vite devient une évidence au regard du lien entre la puissance et la force P=FxV. Et comment mieux développer sa force que grâce à la pratique de la musculation ?

Etre plus souple pour être plus efficace ne se discute pas au regard des contraintes liées à l'amplitude des trajets moteurs et aériens de la nage. Les séances de stretching permettent le développement de cette mobilité. Etre endurant pour soutenir un effort, mieux accepter les charges d'entraînement et récupérer plus vite s'impose. Course à pied, ski de fond, vélo, aviron … serviront le niveau d'endurance du nageur.

Nous ne pouvons parler de préparation physique en natation, sans s'attarder sur le rôle accordé à la musculation. La musculation peut être définie comme une méthode d'entraînement utilisant des charges additionnelles. Chaque mouvement réalisé permet de développer la force d'un muscle ou d'une chaîne musculaire ciblée.

De plus la musculation revêt une fonction prophylactique (prévention des blessures). Utiliser des charges lourdes crée des adaptations articulaires, cartilagineuses, ligamentaires et musculaires. Les tissus se renforcent et deviennent plus résistants à l'usure créée par la répétition de mouvements cycliques. La musculation permet donc de limiter considérablement le risque de blessures liées à la pratique des sports d'endurance.

La musculation permet aussi de rétablir et corriger une posture ou prévenir les déviances posturales liées à la pratique sportive de compétition. La génétique, votre vie quotidienne ou la répétition de gestes identiques peuvent créer des déséquilibres posturaux notoires. La musculation permet de rétablir ces déséquilibres (antéro-postérieur souvent en natation).

La musculation prend une part importante dans la " réathlétisation ". Revenir de blessure, d'accident ou d'une période d'inactivité est un passage très délicat dans une carrière d'athlète. La musculation permet de retrouver assez rapidement le niveau de force perdu ou même permet d'éviter de le perdre pendant un arrêt forcé de l'activité spécifique. Le travail doit alors être ciblé, et orienté en fonction de la pathologie, du traumatisme subit et des spécificités de l'activité.


LE DEVELOPPEMENT DE LA FORCE CHEZ LES JEUNES NAGEURS


!!!!! Halte aux préjugés!!!!!

La musculation ne fait pas mal au dos
La musculation n'arrête pas la croissance


Mais
La musculation prépare un organisme à un effort intense
La musculation maîtrisée et contrôlée favorise le développement fonctionnel
Le développement musculaire a tendance à soulager le système ostéo-articulaire
Par contre
Tout mouvement mérite apprentissage
Respect de la progressivité de la charge d'entraînement
Tout mouvement non contrôlé est dangereux comme dans les autres disciplines sportives
Le travail devra aller du général au spécifique
Le travail analytique (mono articulaire) sera proscrit jusqu'à la fin de la croissance
De plus
La préparation physique ne se limite pas à la musculation
La musculation n'est que le support privilégié de la préparation physique
Toutefois
Le danger réside souvent dans le décalage biologique entre les membres d'un même groupe d'age
Il existe aussi un décalage entre fille et garçon
Et un décalage entre les nageurs du même sexe



L'enfant possède un potentiel anaérobie lactique très limité (lié aux stocks assez faibles en Glycogène et en enzymes de la glycolyse), mais pas inexistant comme souvent annoncé. La puissance rapportée au poids de corps est donc beaucoup plus faible que chez l'adolescent et l'adulte. L'enfant ne présente donc pas d'inaptitude au travail lactique, il a seulement des capacités limitées.
Le travail de force peut donc être introduit sous réserve de respecter le système ostéoarticulaire (charge adaptées et progressives, mouvements correctement effectués).
Le travail lactique peut au contraire " booster " les capacités lactiques des jeunes nageurs.
Voyons certains aspects théoriques et pratiques indispensables afin de mettre en place une stratégie de préparation physique chez le jeune nageur, la prise en compte de la maturité biologique de l'enfant étant une contrainte majeure en terme de planification et mise en oeuvre du projet d'entraînement et de préparation physique.


Catégories poussines et benjamines ou de 9 ans (début de la puberté)


Généralités :
  • une étude de Faigenbaum (1993) a montré qu'un travail de la force de 8 semaines sous forme de circuit, à raison de 2 séances hebdomadaires a permis d'élever la force de 74% contre seulement 13% pour le groupe témoin et ceci sans dommage ostéoarticulaire.
  • Le gain de force est surtout lié à l'amélioration des facteurs nerveux (coordination), aucun gain de masse musculaire n'étant enregistré jusqu'à présent suite à un travail de force chez l'enfant.
  • De toute manière le faible taux d'hormones androgènes circulant ne permet pas l'hypertrophie musculaire.
Le travail de la force chez l'enfant vise donc essentiellement l'amélioration des facteurs nerveux.

Le travail :
  • Au regard de la fragilité osseuse nous ne travaillerons jamais avec une charge supérieure à 50% de 1RM (non exploitable puisqu'il est totalement déconseillé de tester le max d'un enfant)
  • Nous travaillerons avec des charges que le jeune pourra développer facilement 10 (benjamin) à 20 fois (poussin), charge n'entravant pas la circulation sanguine, permettant ainsi une récupération rapide, le système lactique n'étant que faiblement sollicité.
  • Le travail isométrique est lui déconseillé afin de permettre la circulation de la masse sanguine
  • Le choix de la forme de travail se tournera vers le circuit training, ce qui permet de décaler dans le temps la sollicitation d'une même chaîne musculaire. Ceci permet d'éviter la sollicitation d'un même groupe musculaire
  • Le temps de travail = 5 à 15''
  • Récupération entre les ateliers = 15 à 45''
  • Il est nécessaire de placer une récupération plus longue toutes les 6/8' de travail

Exemple d'exercices pour un parcours de 8 ateliers :

1° exercice = renforcement des membres inférieurs (flexion, fente, montée de banc, presse …)
2° exercice = exercice dynamique 1 (lancer de medecine ball, de balles …)
3° exercice = renforcement des membres supérieurs (pompes à genoux, DVC, dips sur banc, déplacement quadrupédique, balancé à la corde …)
4° exercice = renforcement de la ceinture abdominale (crunch, relevé de jambe, exercices de gainage…)
5 ° exercice = exercice haltérophile avec bâton (arraché, épaulé, épaulé jeté …)
6° exercice = exercice expansion thoracique (pullover avec medecine ball, écarté aux haltères …)
7° exercice = exercice dynamique 2 (saut vertical, horizontal, bondissements, saut de haies …)
8° exercice = renforcement de la chaîne postérieure (spinaux, lombaires, fessiers, ischios, gainage dorsal)
Si le parcours est effectué au bord du bassin il peut être ajouté des exercices spécifiques à la natation
  • nage freinée
  • plongeon
  • vitesse
  • virage
  • redressement
Il est nécessaire d'être attentif aux placements et postures, à la gestion des temps de travail et de récupération. La fatigue accumulée au cours de la séance peut amener une dégradation de la réalisation de mouvements, ce qui augmente le risque traumatique.

Périodicité des séances :
Si la PP est intégrée dans les processus de formation, celle ci doit être pratiquée de façon régulière. Le minimum est une séance par semaine.
La séance de PP ne doit pas être employée comme " bouche trou " en cas de fermeture des installations … Le travail de musculation nécessite un apprentissage et une adaptation spécifique.
Placer une séance de temps en temps peut avoir plus de répercussions négatives que positives sur les processus d'entraînement.
Une deuxième séance de PP peut être intégrée en cas de disponibilité des nageurs ou lors des périodes de stage ou de vacances.
La priorité devant rester le travail spécifique.
La PP ne doit pas empiéter sur le travail dans l'eau mais plutôt le compléter.

Programmation de la PP :
En cas de couplage d'une séance de PP avant une séance spécifique, la charge spécifique devra être assez faible à moyenne et orientée vers le développement aérobie et des acquisitions techniques/tactiques. L'objectif premier de la formation des jeunes étant le développement des capacités et non la compétition, l'entraînement physique doit être équilibré et évolutif au cours de la saison et des années.

Volume de PP possible :
1 à 3 h hebdomadaires
Cependant le volume d'entraînement physique devra être allégé en semaine compétitive et pourra être augmenté lors des semaines de stage au cours desquelles les nageurs sont plus disponibles.



Catégories minimes et cadettes (puberté)


!!!!! ATTENTION AUX RETARDS ET DECALAGES BIOLOGIQUES!!!!!


Les Courbes de poids et taille
(à surveiller, et travail de force à alléger en intensité en période de pic de croissance à cause de la fragilité du cartilage de conjugaison) 
Radiographie du poignet
Taux de testostérone


Généralités :
La puberté est la période au cours de laquelle se modifie le système hormonal avec une production démultipliée d'hormones régulant la croissance et le développement. La force se trouve donc nettement augmentée et l'entraînement de cette force permet de profiter de cette fenêtre biologique favorable.
Nous avons un développement du métabolisme AL (augmentation du Gln musculaire et des enzymes anaérobies) et donc un développement de la PMA / VO2max.
Le développement de la force se fera essentiellement grâce à une amélioration des facteurs nerveux grâce à l'utilisation de mouvement dynamique et poly-articulaires réalisés avec des charges légères.
Nous traversons donc un période de maturation très favorable au développement de la force et de la force explosive. Attention tout de même à toujours garder un travail technique important pendant cette période. En effet les repères morphologiques changent assez rapidement et le pubère doit transférer sa technique en prenant en compte l'évolution rapide des rapports morphologiques mais aussi le gain de force soudain surtout si il est " boosté " par un travail spécifique de force.

Le travail :
Bien que nous observions une maturation du système AL, il n'est pas conseillé de solliciter le jeune nageur dans ce registre d'intensité (travail abordé dans l'eau en amont de la PP).

  • Intensité de travail = 30 à 60% de la Fmax
  • Mouvement utilisés = tous sauf les mouvements mono-articulaire (mouvement fondamentaux/ de base / athlétique ++++ / haltérophile +++++ / complémentaires)
  • Travail dynamique à privilégier
  • Travail en séries alternées ou même groupé (cadet)

Nous insistons sur l'intérêt que peuvent présenter l'utilisation de mouvements haltérophiles qui développent la force explosive, la coordination, la souplesse (cheville+++), tout en présentant un trait ludique. Le travail est complet et mobilise des chaînes musculaires complètes tout en sollicitant les muscles stabilisateurs du rachis et du bassin (schéma proche de l'activité spécifique).

Périodicité des séances :
Le nombre de séances  peut évoluer entre 1 et 3 par semaine en fonction des possibilités et de la disponibilité des nageurs.

Programmation de la PP :
La formation reste avant tout comme en poussin / benjamin, la priorité du processus d'entraînement.
Cependant les charges peuvent variés au cours de la saison afin de préparer au mieux les échéances.
Il est primordial d'alléger la charge de PP en période de compétition surtout les semaines compétitives afin de ne pas atteindre des charges d'entraînement psychologique et physique susceptibles de provoquer des déséquilibres chez le jeune nageur.
Les grosses charges de PP à dominante force et vitesse devront être couplées à un travail d'endurance / technique / tactique, dans l'eau.
Les grosses charges de vitesse et PMA (et AL en cadet) dans l'eau devront être couplées avec un travail d'endurance et de souplesse en PP.
Attention donc d'intégrer la charge de PP à la charge totale afin de respecter les principes fondamentaux de l'entraînement et de l'entraînement des jeunes.

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Pour finir, il est important de souligner  que le développement de la force est un élément à " intégrer " au projet d'entraînement et non à " ajouter ". La notion d'intégration sous entend que le projet d'entraînement soit élaboré en prenant en compte le développement de tous les facteurs liés à la performance dont la force; force qui peut être considérée comme " la " qualité au service de l'efficacité.
Pour les catégories minimes et cadettes, le cheminement est le même.

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L'affûtage pré-compétition a des fondements scientifiques


Scientific bases for precompetition tapering strategies. Mujika I, Padilla S. 2003 Medicine & Science in Sports & Exercise 35(7):1182-7François Gazzano B.Sc. fgazzano@af-d.comCet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir

Introduction

Pour optimiser leur performance lors d'une compétition qui revêt une importance particulière, les athlètes suivent généralement un modèle d'affûtage : période de plusieurs jours au cours de laquelle la charge d'entraînement est réduite de façon importante. Ce rapport de recherche présente une analyse détaillée et exhaustive de la littérature scientifique présentement disponible sur ce sujet.

Définition et objectifs de l'affûtage

Les auteurs proposent la définition suivante de l'affûtage : « réduction progressive et non-linéaire de la charge d'entraînement pendant une période de durée variable, dont l'objectif est de réduire les effets physiologiques et psychologiques négatifs de l'entraînement quotidien et d'améliorer la performance sportive ».

L'objectif principal de l'affûtage est de réduire les effets négatifs de l'entraînement intensif (ex : fatigue accumulée), et non pas tant de développer les qualités physiologiques à des niveaux supérieurs. Pendant cette période, les gains de performance sont principalement causés par une réduction marquée des effets négatifs de l'entraînement et, par conséquent, les athlètes doivent avoir atteint un niveau de condition physique proche de celui visé lors de l'événement compétitif avant de débuter la période d'affûtage. Les améliorations de performance occasionnées par la période d'affûtage résultent en partie de modifications hormonales.

Pendant cette période : 1. Le ratio testostérone/cortisol augmente, reflétant la prédominance d'une activité anabolique accrue. 2. Le volume de globules rouges et d'hématocrite augmente. 3. La concentration d'haptoglobine (une glycoprotéine responsable de combiner les molécules de fer à l'hémoglobine) augmente. 4. L'activité de la créatine kinase (indice de stress occasionné par l'entraînement) diminue.

Par ailleurs, les périodes d'affûtage sont souvent associées à une amélioration de la qualité du sommeil, une perception de l'effort réduite, une réduction de la sensation de fatigue, une diminution des perturbations de l'humeur et une sensation de vigueur accrue.

Réduction de la charge d'entraînement

La charge d'entraînement – ou stimulus d'entraînement – peut être décrite comme une combinaison du volume, de l'intensité et de la fréquence d'entraînement. La stratégie d'affûtage optimale visera donc à réduire la charge d'entraînement de façon à éliminer la fatigue accumulée, tout en conservant une charge d'entraînement suffisamment grande pour ne pas perdre les adaptations physiologiques et psychologiques. En effet, si une charge trop importante ne permet pas d'éliminer la fatigue accumulée et, par conséquent, de bénéficier complètement des effets de l'affûtage, un stimulus d'entraînement insuffisant peut entraîner un désentraînement plus ou moins rapide.

Réduction de l'intensité de l'entraînement

Pendant l'affûtage, une diminution de l'intensité de l'entraînement est associée à une réduction des adaptations physiologiques et à un déclin de la capacité de performance. Le maintien d'une intensité d'entraînement élevée pendant toute la durée de la période d'affûtage est essentiel, peu importe le niveau de performance des athlètes.

Réduction du volume d'entraînement

Les améliorations de performances provoquées par l'affûtage sont plus importantes lorsque le volume d'entraînement est réduit de 50-90 %.

Réduction de la fréquence d'entraînement

La plupart des études démontrent qu'une fréquence d'entraînement réduite pendant 2-4 semaines permet d'améliorer ou de maintenir les adaptations positives occasionnées par l'entraînement. Cette réduction de la fréquence d'entraînement doit être de l'ordre de 30-50 % chez des athlètes de niveau moyen et de < 20 % chez les athlètes de haut niveau et ceux évoluant dans des sports ou la technique joue un rôle primordial (ex : natation).

Durée de l'affûtage

Déterminer la durée idéale de l'affûtage est l'une des tâches les plus difficiles. Des effets positifs sur la performance ont été signalés pour des durées d'affûtage comprises entre 4 et 35 jours. En principe, à cause de la grande variabilité des réponses individuelles à une période d'entraînement réduit, la durée d'affûtage devrait être individualisée.

Type d'affûtages

La réduction de la charge d'entraînement en affûtage peut suivre un profil linéaire, exponentiel ou abrupte. Lorsque la charge est réduite de façon abrupte, la charge réduite est maintenue constante pendant toute la période d'affûtage. Une seule étude expérimentale a comparé les effets des différents types d'affûtages sur la performance sportive. Cette étude, réalisée auprès de triathloniens de haut niveau, laisse entendre qu'un affûtage de type exponentiel rapide est plus efficace qu'un affûtage de type abrupt ou exponentiel lent.

Améliorations de la performance à envisager

L'objectif principal de l'affûtage est d'améliorer la performance lors d'une compétition majeure et la plupart des études portant sur les effets de stratégies d'affûtage de type exponentiel ou linéaire ont démontré les effets positifs de ces stratégies sur la performance dans de nombreuses disciplines sportives. Ces gains de performance, de l'ordre de 0,5 à 6 %, ont été attribués à des niveaux accrus de force et de puissance, à des améliorations des fonctions neuromusculaires, hormonales et hématologiques et à une meilleure récupération psychologique.

Une étude récente, portant sur les 3 semaines d'affûtage qui ont précédé les Jeux olympiques de Sydney, a mis en évidence une amélioration moyenne de la performance de l'ordre de 2,2 % chez des nageurs de l'élite internationale. Le pourcentage d'amélioration était similaire, peu importe la nationalité et le niveau de performance des nageurs.

Conclusions

Les principales conclusions pratiques tirées de cette étude sont les suivantes : 1. Le but premier de l'affûtage est de minimiser la fatigue accumulée et non de rechercher le développement de gains supplémentaires sur le plan de la condition physique. 2. Le maintien d'une intensité d'entraînement élevée est indispensable pour éviter le désentraînement. 3. Le volume d'entraînement doit être réduit de l'ordre de 60-90 %. 4. La fréquence d'entraînement doit être réduite de l'ordre de 30-50 % chez les athlètes de niveau moyen et de < 20 % chez les athlètes de haut niveau. 5. La durée de la période d'affûtage doit se situer entre 4 et 28 jours et doit être individualisée. 6. Un affûtage progressif et non-linéaire (exponentiel) semble donner de meilleurs résultats qu'un affûtage de type abrupt. 7. Un affûtage réussi permet d'améliorer la performance en compétition, mais ne fait pas de miracles! Un objectif d'amélioration de performance réaliste dû à un affûtage réussi se situe à environ 3 %

Hickson RC, et coll. Reduced training intensities and loss of aerobic power, endurance, and cardiac growth. 1985 Journal of Applied Physiology 58(2):492-9

Banister EW, Carter JB et Zarkadas PC Training theory and taper: validation in triathlon athletes. 1999 Journal of Applied Physiology and Occupational Physiology 79(2):182-91

Mujika I, Padilla S et Pyne D Swimming Performance Changes During the Final 3 Weeks of Training Leading to the Sydney 2000 Olympic Games. 2002 International Journal of Sports Medicine 23:582–587

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Comparaison de la coulée de Phelps et de VDH

Par Nicole Duclos

Melbourne 2007 - Championnat du monde. Finale du 200 Nage Libre. Tout le monde attend Pieter Van Den Hoogenband finir en premier la course. Pourtant, la stratégie de Phelps a fait mentir tous les pronostiques.
Avec sa coulée immense d'environ 8 mètres, Phelps a placé VDH à 1 mètre derrière après chaque reprise de nage, grâce à une coulée particulière. Ce procédé oblige donc VDH à remonter sans cesse sur son adversaire à chaque 50m, impliquant certainement un effort trop important (acidose ?). Ses 1'46 sont donc sans doute le fruit d'une mauvaise gestion de course imposée par Phelps.

Sa coulée est en effet particulière. Selon le graphique ci dessous, nous pouvons voir très nettement les variations de de vitesses des 2 nageurs lors de la coulée au 100m. Les valeurs en m/s sont en ordonnée et les images (une tous les 20/100e de seconde) sont en abscisse.

Le constat est très net sur 2 points :
   
  • l'explosivité de Phelps lors de la poussée au mur (2,9m/s pour Phelps contre 2,1m/s pour VDH),   
  • la reprise de nage de Phelps a une variation de vitesse de 0,3m/s contre les 1,5m/s pour VDH.

De ce fait, Phelps débute sa nage à une vitesse plus élevée que VDH et pourrait donc se permettre de nager plus en économie, puisqu'il est plus facile de conserver une vitesse plutôt que de la créer dans des appuis fuyants.
Ainsi, après son  1er mouvement de bras, Phelps a une vitesse encore supérieure (2,1m/s) à sa vitesse moyenne de course (1,92m/s)

Les coulées de Phelps ont eu raison de VDH

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Le départ


  • 1)  Le juge arbitre appelle les nageurs par plusieurs coups de sifflet brefs, ils se placent debout derrière les plots de départ.

  • 2)  Le juge arbitre invite les nageurs à monter sur les plots par un roulement de sifflet.
Quand ils sont placés, il signale au starter en tendant le bras qu'il peut donner le départ.

  • 3)  Commandement du starter : "à vos marques"
Quand les nageurs sont immobiles, le starter donne le départ : sifflet ou pistolet.

  • Faux départs : il y a faux départ quand un nageur bouge – tombe ou plonge avant le signal du starter.
S'il y a un nouveau faux départ, la course se déroule et le nageur fautif est disqualifié à l'arrivée.


LE DEPART EN NATATION A FORTEMENT EVOLUE DEPUIS LE SAUT DANS L'EAU DU XVIIème SIECLE.



    Aujourd'hui le départ est un élément essentiel de la performance en natation, d'autant plus que la course est courte. (30% du temps de course sur un 50m).
Lors de la finale du 50m nage libre des Jeux de Sydney en 2000, 0'05 seconde séparent les premiers ex-aequo (21'98 pour Garry Hall Jr. et Anthony Ervin) du troisième ( 22'03 Pieter van den Hoogenband).
    En 1996, Scott Miller perd la finale du 100m papillon face à Dennis Pankratov de 0'28s. Il avait déjà 0'40s de retard après les 15 premiers mètres.
Ces exemples montrent qu'il est important de travailler le départ comme un élément technique. Chaque nageur possède une prédisposition pour une technique de départ qui lui est propre.


  • Angles de départ et angle d'entrée.
    L'angle optimal de départ doit permettre au nageur d'augmenter la distance aérienne. Si l'angle est très important, l'entrée dans l'eau implique une coulée profonde, qui nécessite un temps important pour retourner vers la surface (cette technique était plébiscitée avant la limite des 15m de coulée). Si l'angle est trop faible, le nageur ne rentre pas dans l'eau, mais fait un plat, véritable frein à la glisse.
    Pourtant, Arellano et al.(2000) ; Holthe & McLean(2003) ; Miller et al.(2003) ont montré par leur études que l'angle idéal serait entre 5 et 10°, proche du plat, contrairement à ce qui était préconisé par les 45° de Maglischo(1993) qui étaient jusqu'à aujourd'hui la norme. Il est donc préférable de favoriser la poussée horizontale à la poussée verticale.
L'angle d'entrée des nageurs confirmés, pour Counsilman et al., (1988) ; Holthe & McLean, (2003) se situe entre 30 et 40°. Un angle supérieur à 50° implique une coulée très profonde.


  • La position du corps en l'air.
    De nombreuses techniques sont employées par les nageurs pour obtenir le compromis entre l'angle de départ et l'angle d'entrée. Si le corps gainé, en torpille est le plus efficace, la tentative de tirer la tête en avant, les mains écartées, les flexions des coudes ou des genoux ne font qu'augmenter les forces de décélération et de résistance.


  • La phase de glisse
    La phase aérienne est le moment le plus rapide de la course du nageur avec 4 à 6 mètres par seconde. Plus la vitesse est importante, plus les forces décélératrices sont importantes. Aussi l'ensemble des forces frénatrices appliquées sur le nageur dans la phase aérienne doit être le plus faible possible pour ne pas s'ajouter à celles appliquées dans l'eau. La coulée doit se placer vers 0,5 mètre pour être la plus efficace possible (Lyttle et al., 1998).
    Afin de profiter au maximum du potentiel de force accumulé lors de la phase aérienne, le corps du nageur doit être le plus gainé possible, et les mouvements sous l'eau doivent être réduits au maximum. Un faible mouvement parasite provoque de grandes forces frénatrices sur le corps du nageur, ce qui réduit sa vitesse. Les défauts les plus courants concernent les mains et les bras qui ne sont pas suffisamment serrés autour du corps, une position de la tête inadéquate, les pieds écartés, les orteils qui ne sont pas en extension..


  • La reprise de nage
    Cette phase commence par un battement ou une ondulation en crawl ou papillon. L'étude de Clothier et al. (2000) à démontré que l'ondulation était plébiscitée par les nageurs de Haut Niveau. La décélération est moins importante en dauphin qu'en battement, en crawl comme en dos. L'intensité de l'ondulation, (grande, petite, rapide ou lente) continue de faire débat. Il est cependant admis que les premières ondulations doivent être petites et rapides, puis l'amplitude peut augmenter.
    Le moment de la première ondulation est également fondamental. Immédiatement après l'entrée dans l'eau, l'ondulation réduit considérablement la vitesse du nageur en augmentant la résistance. De même, une ondulation ou un battement amorcé trop tard, lorsque la vitesse de glisse est trop faible est inefficace selon Lyttle et al. (2000).


  • Conclusions
  *Il n'y a pas de technique supérieure aux autres. Il est important d'en maîtriser plusieurs.
  *Travailler régulièrement les départs à l'entraînement améliore considérablement les  performances sur les courtes distances.
  *L'angle de départ optimal est fonction des individus. Il est considéré entre 0º et 10º.
  *En track start, le pied d'appui est déterminant pour savoir quel pied placer en arrière. On parle de "goofy" et "regular" comme en surf et snowboard.
  *Le temps de réaction représente ¼ du "temps de réaction électronique".
  *Un mouvement de roulis lors de la phase de propulsion provoque des forces de    décélération très importantes.

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Qu'est-ce que "savoir nager" ?


BERLIOUX Monique, 1947 : Le savoir nager c'est pouvoir se tenir sur l'eau à l'aide de certains mouvements, c'est aussi effectuer ces mouvements d'une façon rationnelle et suivant certains principes.
 
VIVENSANG, 1973 : Savoir nager c'est maîtriser la P.E.R. (propulsion, équilibre, respiration), sans aucun élément de flottaison afin d'acquérir des sensations véritables et une maîtrise du milieu sus et subaquatique, le but étant un parcours 4 nages.
 
CATTEAU - GAROFF, 1984 : C'est avoir résolu dans chaque éventualité, qualitativement et quantitativement, le triple problème posé en permanence : du meilleur équilibre, de la meilleure respiration, de la meilleure propulsion dans l'élément liquide.

MENAUD - ZINS, 1979 : Savoir nager, c'est harmoniser la respiration avec mouvement combiné des bras et des jambes, pour donner au corps une propulsion continue, en vue d'aller plus loin, puis de plus en plus vite (6ans : 50m, 6-8 ans : 100m...)

DUBOIS - ROBIN, 1986 : Les étapes de la formation du nageur exige l'acquisition correcte d'un processus moteur, intimement lié à l'aspect respiratoire. Les déplacements réalisés à l'aide des membres supérieurs constituent une difficulté dont la résolution est le plus sûr garant de la maîtrise de l'eau.

SCHMITT, 1989 : Savoir nager est une autonomie dans l'eau qui se traduit  en terme de pouvoir.

GAL Nathalie, 1993 (stapsienne) : Savoir nager c'est créer différentes formes de déséquilibre et gérer leurs enchaînements pour propulser son corps à moindre coût et différemment en utilisant tout l'espace (au-dessus, au fond de l'eau, etc.) à des fins utilitaires pour sa propre survie et celle des autres.
Se propulser longtemps et loin, plus vite sur une distance variée et avec un déplacement varié.

CHOLLET, 1990 : C'est à partir de l'équilibre statique, volontaire, qu'on réalise de manière autonome une suite de mobilisation segmentaire visant à déplacer le corps dans le milieu aquatique, avec la capacité de terminer ce déplacement en équilibre stable (pas couler quoi !).
Nager est une tâche complexe, où il faut s'équilibrer, s'organiser par rapport aux réponses de l'eau, assurer les échanges respiratoires, prendre des informations pour se diriger, se déplacer, donc se propulser.

MAILLARD - PELAYO, 1994 : Savoir nager c'est appréhender le risque de s'aventurer dans le milieu aquatique appréhendé dans  son volume avec le souci d'une autonomie complète sans reprise d'appuis avec le monde solide.
Accéder à une autonomie se traduit par des compétences diverses, à savoir : entrer dans l'eau, rester à la surface avec une dépense d'énergie minimale, s'immerger et se déplacer rapidement, se déplacer longtemps et durer.

A chacun ensuite de trouver les moyens, et les techniques, en fonction des objectifs (compétition , sauvetage, loisirs…) qu'il a pour ses débutants, qu'ils soient enfants ou adultes.

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Description des techniques de nage IXème , début XXème siècle

(Extraits de " la natation " de Paul AUGE, dans les sports modernes illustrés ; et de Thierry Terret dans Techniques sportives et Culture Scolaire)

La Coupe
A plat ventre, tête émergée, le nageur lance en avant le bras droit étendu dans toute sa longueur, puis il ramène les bras vers les hanches, chassant vigoureusement l'eau avec la plante des pieds, avant d'exécuter le même mouvement avec le bras gauche.

Nage sur le côté ou marinière
Cette nage ressemble à la coupe mais s'exécute sur le côté. Le bras inférieur est tendu en avant pour mieux couper l'eau. Le bras supérieur aide à l'impulsion des jambes en se portant à chaque fois  avec force le long du corps et d'avant en arrière. La marinière est très rapide et peut être soutenue assez longtemps mais le nageur ne voit pas devant lui.

English Side Stroke
Cette " brasse sur le côté " se complexifie vers 1840 en accentuant la perte de symétrie dans les mouvements de bras. L'un travaille davantage en poussant et l'autre en traction (retour sous-marin). Le corps est incliné (tête hors de l'eau) et les jambes passent d'une gestuelle de grenouille à un ciseau qui coince l'eau entre elles.

Over arm Stroke  (coup de bras par dessus)
C'est une variante de la nage précédente avec un retour aérien du bras qui est devant (moins de résistances).

Le trudgeon
Combinaison de la brasse avec le retour alternatif des deux bras (style coup de poing). Le nageur prend appui sur tout l'avant bras pour tirer le corps  à lui. Les mouvements de bras ne sont accompagnés que d'un faible mouvement des jambes ressemblant à une ondulation corps à l'oblique. Le corps est moins incliné que pour les nages précédentes mais les contraintes respiratoires qu'il crée font qu'il n'est utilisable que sur de courte distance.

Le double over arm stroke
C'est l'évolution qui suit et implique la reprise du ciseau coincé de l'over arm stroke accompagné du trajet alternatif des bras du Trudgeon.

La double brasse
Les mouvements de bras sont à peu prés semblables à ceux du Trudgeon mais le rôle des jambes est plus important. Elles accompagnent l'un des mouvements de bras. Nage un peu plus horizontale que le Trudgeon et qui combine le travail des jambes et des bras et donc qui est moins fatigante.

Crawl
C'est l'évolution suivante, qui élimine le ciseau et le remplace par un battement, très fléchi au début partant du genou mais qui se transforme pour partir de la hanche.
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Apparition de la natation sportive en France

A la fin du XIXème siècle, influencées par la sportivisation des pratiques physiques en Angleterre, les pratiques en France, pourtant de tendances hygiénistes  ne tardent à faire apparaître des manifestations ou la natation a des finalités sportives (comparaison et dépassement). Ainsi apparaît la notion de performance chiffrée, record, gain symbolique. De cette manière, les techniques se différencient selon les types d'épreuves proposées. La brasse par exemple n'est plus utilisée que pour les distances longues ; l'over arm stroke, le trudgeon sont des techniques plus rapides et donc privilégiées pour les courses plus courtes, de vitesse.

A la fin du XIXème siècle se mettent en place des fédérations, en France la commission natation de l'USFSA(union des sociétés françaises de sports athlétiques créé en 1889) reprend les règles établies par l'A.S.A. (amateur swiming association) anglaise.

La FINA(fédération internationale de natation amateur) est créée en 1908. Elle fixe l'universalité des règles et des organisations de la natation. Elle définit le terme amateur : " ne peut courir pour de l'argent, ne doit pas tirer bénéfice de la pratique de la natation, ne doit pas rencontrer un professionnel, ne peut être ni enseignant ni entraîneur.
Lors de la dissolution de l'USFSA en 1920, une multitude de fédérations voient le jour. Pour la natation, apparaît principalement la fédération française de natation et de sauvetage (FFNS) qui se dissoudra en 1938 pour donner la FFN. Le sauvetage ayant sa propre fédération.

Le règlement
Le premier règlement écrit par la FINA en 1908 est tiré de l'ASA britannique et jusqu'à la 2ème guerre mondiale, les choix seront une concession des règles de l'ASA et de L'USFSA. Ainsi on voit apparaître des épreuves tirées de l'athlétisme tel que le 100m.,le 1500m., les relais par équipe ou selon les conditions locales et matérielles 400m., 100m. dos, 200m. brasse. Cependant il n'y a que très peu de précisions sur les techniques employées.

Le programme des jeux olympiques de 1908 à 1956 :
  •         100m., 400m., 1500m., 4 x 200m. Nage libre
  •         100m. dos
  •         200m. brasse

Les précisions et les contraintes techniques vont apparaître surtout après la seconde guerre mondiale avec l'apparition de nouvelles techniques et donc de nouvelles épreuves.
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Evolutions réglementaires des techniques de nage

Le Crawl est la seule nage non réglementée par la FINA, elle est utilisée pour les courses de nage libre. Cette souplesse de règlement est maintenue afin de laisser libre cours à l'innovation de nouvelles techniques de nage. Aujourd'hui encore, la seule contrainte imposée est liée à l'immersion qui est limitée à 15 pris à la tête après le départ et les virages.
Le terme crawl (ramper) vient de nageurs australiens qui, pour améliorer le double over arm stroke ont remplacé le mouvement de jambe par un battement alternatif partant du genou. Puis, Duke KAHANAMOKU, un américain, transforma le même battement en le faisant partir de la hanche (années 1910). Johnny Weissmuller, en 1922, " cassa " la barre de la minute au 100m. nage libre. Il  révolutionna cette nage et la natation en général en commençant à rythmer la respiration sur les mouvements propulsifs des bras. Transformations qui impliquent une nage beaucoup plus hydrodynamique et limite donc les résistances à l'avancement.

            Pour le Dos, le règlement ne changera qu'en 1989 pour limiter les immersions beaucoup trop longues après le départ et les virages (jusqu'à 35m.) ; l'immersion est alors limitée à 10m. pris aux pieds. En 1991 elle sera limitée à 15 m ; pris à la tête. Une autre modification apparaît, c'est l'autorisation de se mettre en position ventrale au moment du virage et de toucher le mur avec n'importe quelle partie du corps (modification liée à la difficulté de juger certains nageurs lors des virages semi-culbutés pratiqués jusque là).
Historiquement, Harry HEBNER est le premier à passer du dos brassé au dos crawlé (mouvement alternatif des jambes) en 1912.

            La Brasse est la nage la plus contraignante du point de vue réglementaire (lié essentiellement à l'obligation de symétrie permanente dans le temps et l'espace, d'émersion de la tête à chaque cycle ). En 1957, après la distinction avec le papillon, il y a quasi-obligation de couper la surface de l'eau en permanence avec une partie de la tête ( mesure prise contre l'utilisation quasi exclusive de la brasse sous-marine jugée dangereuse). Un rappel est également fait sur l'obligation de la symétrie et la simultanéité de la nage. En 1987, autorisation est faîte d'aller sous la surface à partir du moment où la tête coupe la surface à chaque cycle. En 1991, les bras peuvent couper la surface (le retour peut donc être en partie " aérien ", mais ils ne doivent pas dépasser la ligne des hanches (sauf au départ et au virages).

            Le Papillon est issu d'une largesse de l'ancien règlement de la brasse (non-obligation d'un retour des bras en immersion).
En 1926, Erich RADEMACHER, un allemand, utilise le papillon brassé lors des derniers mouvements d'une épreuve de brasse (retours aériens des 2 bras). En 1933, l'Américain Henry Meyers nage dans un style que l'on nomme " butterfly ". En 1946, la FINA distingue les 2 styles de nage (brasse/ papillon) en interdisant le passage de l'une à l'autre nage au cours d'une même épreuve. En 1953, la FINA officialise définitivement des épreuves distinctes et interdit le ciseau de brasse en papillon. En 1956, le papillon est officialisé comme un nouveau style de nage. En 1998, la dernière évolution implique une limite d'immersion après les départs et les virages de 15m. pris à la tête.
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Guennadi TOURETSKI, le maître-nageur..

L'entraîneur d'Alexandre POPOV               
                               

On dit de lui qu'il possède toujours un métro d'avance! De Suisse où il réside désormais, le Pygmalion le plus célèbre de quelques-uns des meilleurs nageurs de la planète -Alexandre Popov, Michael Klim, etc.- vous fait partager sa vision de la natation.


  •         Comment voyez-vous l'évolution actuelle de la natation ?
        Je vous réponds par une autre question: lors des derniers Jeux olympiques, combien avez-vous vu de véritables virtuoses en action? Très peu et même trop peu! Athènes a surtout célébré des champions de l'entraînement. Je sais que ce constat peut paraître excessif, voire déplacé et même choquant. Pourtant, c'est la réalité. Et cela s'explique très facilement. Pour s'épanouir, le nageur talentueux a besoin d'un climat favorable. Or, ce climat n'existe nulle part.


  •         Qu'entendez vous par-là ?
        Un climat favorable, cela se construit dès les premiers mouvements en piscine. On sait tout cela! Dans l'apprentissage des langues, de la musique ou de la danse, la période charnière se situe entre 7 et 9 ans. A cet âge-là, les enfants sont capables d'utiliser au mieux leur motricité et d'assimiler à toute vitesse les développements techniques. La natation n'échappe pas à la règle. Or, ce domaine est complètement négligé dans l'enseignement actuel, je dirais même qu'il est sinistré! Je viens de passer une dizaine d'années en Australie où les "Learn To Swim Programs" (Programmes d'apprentissage de la natation) fleurissent bien un peu partout. Mais il s'agit seulement de tirer profit d'un gros business qui échappe d'ailleurs complètement aux vrais spécialistes de la natation. Les formations sont données par n'importe qui: femmes de chambres, instituteurs, etc. En conséquence de quoi, l'enseignement est exécrable. Ces gens-là passent plus de temps à détruire qu'à construire.


  •         L'Australie génère tout de même beaucoup de champions !
        Et elle continuera à en produire automatiquement, mais c'est incroyable le nombre de gamins qui peuvent effectivement s'entraîner dur et qui, en définitive, ne savent pas nager! On les retrouve en compétition alors qu'ils sont incapables d'effectuer un simple travail de rotation avec leurs mains. C'est pourtant une technique de base! A l'Institut National des Sports australien, j'ai été obligé de corriger le style de nageurs comme Nicole Livingstone ou Michael Klim. A mon avis, les enfants devraient être sous la coupe des meilleurs coachs dès le plus jeune âge. Après leur carrière sportive, ils devraient pouvoir s'investir à leur tour dans la formation au lieu d'être contraints de se recaser au petit bonheur la chance. Imaginez un champion olympique ouvrant une école de natation à Paris… Il ferait un malheur!


  •         Quels sont les principes d'un bon enseignement ?
        D'abord, il faut arrêter de prendre le sport pour une cour de récréation. Je connais des parents qui déboursent facilement 60 euros pour des leçons de piano, mais qui rechignent lorsqu'on leur demande 3 euros de l'heure pour des cours de natation. Il faudrait, d'emblée, mettre l'accent sur la qualité et non pas la quantité de l'entraînement. Le cas échéant, cela signifierait de devoir parfois freiner l'enthousiasme des gamins. Ce n'est pas évident! Mais il faut faire en sorte qu'ils éprouvent chaque fois du plaisir à l'idée de plonger dans l'eau. Or, je sais d'expérience que beaucoup de nageurs, même parmi les champions, n'apprécient pas l'eau à sa juste valeur. Jusqu'à l'âge de sept ans, l'attention est loin d'être une chose bien établie. On doit pouvoir contourner ce déficit. Comment? Mais en jouant, pardi! Il faut que chaque séance génère sa dose d'amusement. Ensuite, on peut éduquer l'enfant aux quatre nages. Dans le domaine de la coordination, je trouve par exemple que la natation a énormément à apprendre de la danse. Une grosse partie du travail doit même se faire hors de l'eau. Ainsi, en l'espace de 9 à 12 semaines et à hauteur de 36 leçons, les gestes fondamentaux seront bien en place chez l'enfant. Mais tenter de les lui inculquer après l'âge de dix ans, c'est déjà trop tard! On ne rattrape jamais ces années perdues.


  •         Il existe pourtant des contre-exemples comme Evgueni Sadovyi, double champion olympique aux Jeux de Barcelone (200 et 400 mètres nage libre) qui est arrivé à la natation vers l'âge de 15 ans…
        Ce n'est pas un contre-exemple. En réalité, l'itinéraire de Sadovyi consolide cette théorie. C'est vrai qu'à 15 ans, il ne nage le 400 mètres qu'en 5'20. Quatre ans plus tard, il est sacré champion olympique avec un record du monde à 3'45"00. Seulement, on oublie de dire que Sadovyi a fait ses classes à l'école soviétique de natation. Il a donc reçu des bases solides entre 7 et 9 ans, avant de se diriger vers le football. Puis, six ans plus tard, il revient à la natation dans le cadre d'un travail de rééducation après une sale blessure à la jambe. Là-dessus, on prend conscience de ce talent qui est encore en lui et on l'intègre dans un groupe qui compte trois champions d'Europe juniors, dont Denis Pankratov. L'histoire de Sadovyi est précisément celle d'un enfant qui a profité pleinement des méthodes d'apprentissage que je préconise. Au point que ces méthodes restent exploitables des années plus tard!


  •         Est-il important de s'entraîner en compagnie des meilleurs ?
        C'est même primordial! Dans un groupe d'entraînement, la présence d'un champion tire tout le monde vers le haut. En Australie, Grant Hackett, invaincu sur 1500 mètres depuis 1997, s'entraînait dès l'âge de 13 ans avec Daniel Kowalski, vice champion olympique du 1500 mètres en 1996. Le leader offre une image de modèle qui contribue à rassurer les autres nageurs et à leur fixer des objectifs.


  •         Et les leaders entre eux ?
        Là encore, sur une grosse compétition comme les Jeux olympiques, l'émulation joue à fond! Même entre des champions qui ne s'alignent pas dans la même discipline. En 1996, aux J.O. d'Atlanta, la presse a écrit que Alexandre Popov s'était surpassé pour devancer Gary Hall Jr. Grâce au contexte historique de Guerre froide entre la Russie et les Etats-Unis. C'est n'importe quoi! A l'époque, Popov livrait effectivement un bras de fer, mais cela se passait au sein même de l'équipe russe avec Pankratov qui venait d'enlever le 100 mètres papillon. Il devait rétablir la balance sous peine de perdre le leadership de l'équipe! Dans la foulée, il gagne le 100 et le 50 mètres libre et Pankratov rempile sur le 200 mètres papillon! Il s'agissait véritablement d'un match entre eux deux. On peut donner un tas d'autres exemples. Mais attention, si Popov et Pankratov n'avaient pas gagné, cela aurait eu des conséquences catastrophiques sur l'équipe russe. Le retour de manivelle… En France, vous avez désormais une héroïne taillée sur mesure, Laure Manaudou. Une locomotive inespérée. Ses exploits vont drainer des milliers d'enfants vers les piscines, qu'il faudra encadrer de façon performante avec des gens compétents. Si ce pari-là est gagné, la relève est assurée pour 2016 ou même déjà 2012! En ce moment, on assiste à un vieillissement du plateau des concurrents mais je suis persuadé que, dans ces conditions, les champions âge-tendre, avec parmi eux beaucoup de virtuoses, auront repris le pouvoir d'ici une dizaine d'années.


  •         Comment peut-on faire pour attirer les enfants vers la natation ?
        L'identification aux champions joue un rôle. Mais ce n'est pas la seule raison. Je pense surtout qu'on doit proposer de belles histoires de natation. Personnellement, j'ai été inspiré par la lecture d'un livre racontant l'histoire vraie d'un soldat soviétique grièvement blessé pendant la Deuxième Guerre mondiale qui trouva le moyen de remonter les lignes ennemies en nageant 5 kilomètres à contre-courant tout en portant son officier à moitié mourant. Quelques années plus tard, en 1947, ce soldat établit un nouveau record du monde du 200 mètres papillon! Sans ce livre, je ne serais peut-être jamais devenu nageur. Aujourd'hui encore, je me sers de cette histoire pour motiver les athlètes. Je l'ai racontée à Alexandre Popov après qu'il a été laissé pour mort dans une rue de Moscou en 1996. Pour s'investir dans un projet quelconque, je pense que chacun de nous a besoin de croire, de se raccrocher à quelque chose de grand. Tout le monde aime les belles histoires racontées dans les livres. Même aujourd'hui, à l'heure de la télévision, des jeux vidéo et de l'Internet.


  •         Quelles limites fixez-vous aux performances en natation ?
        Personnellement, je ne vois aucune limite si le climat favorable auquel je fais allusion existe. Sans oublier que le nageur des grandes nations est aussi souvent tributaire de la stratégie collective décidée au plus haut niveau.


  •         Stratégie ?
        Aux Jeux olympiques ou lors de championnats du monde, c'est décisif de remporter assez vite un titre afin de poser le reste du groupe sur les rails du succès, d'installer un bon état d'esprit. Idem sur les relais, notamment au 4x100 m nage libre, programmé le premier jour, où il faut impérativement faire la course en tête, à la fois pour rassurer le reste des relayeurs mais aussi pour ne pas perdre à l'approche du mur jusqu'à une seconde en 5-6 mètres simplement parce qu'il faut nager contre les vagues générées par ceux qui vous précèdent. C'est la raison pour laquelle j'avais tellement insisté pour que ce soit Klim qui lance le 4x100 mètres australien aux Jeux de Sydney. Il l'a fait en battant le record du monde (48"17)! Au bout du compte, l'Australie bat les Etats-Unis qui n'avaient jamais auparavant été inquiétés aux Jeux olympiques.


  •         A l'inverse, certains relais passent à côté de leur course au point de pénaliser tout le collectif pour la suite de la compétition, comme cela fut le cas à Athènes avec les Russes.
      On se retrouve là en présence d'un relais qui est champion du monde en titre mais qui réussira pourtant l'exploit d'évoluer sous la ligne de flottaison! Pourquoi? Par une absence flagrante de stratégie. D'entrée de jeu, au lieu d'agir, les Russes ont subi. Et si une équipe ne remporte pas le moindre titre après trois jours de compétition, il devient pour ainsi dire inutile d'espérer encore renverser la situation. J'avais été confronté au problème à mon arrivée en Australie. Aux Jeux de Barcelone et d'Atlanta, les "Aussies" commençaient seulement à gagner en fin de compétition. C'était trop tard. A Sydney, nous avions décidé de tout faire pour gagner d'emblée. Ainsi, tout avait été planifié pour que Thorpe s'impose sur 400 mètres et que l'on gagne aussi le relais 4x100. Tout le monde savait que ces victoires permettraient de placer non seulement nos nageurs sur orbite mais aussi toute la délégation australienne qui devait défendre ses couleurs devant son public.


  •         Dans ce que vous définissez comme climat favorable, vous insistez également beaucoup sur l'importance de l'environnement.
        En décembre 1999, Klim bat à plusieurs reprises le record du monde sur 100 mètres papillon en grand bassin. Tout le monde se pose des questions sur sa préparation. Revient-il d'un stage en altitude? Pas du tout, il rentre d'une quinzaine de jours au bord de la mer où il partageait son temps entre la natation et le surf! Il passait toutes ses journées dans l'eau, mais dans des conditions tellement idylliques qu'il n'en ressentait aucune contrainte. Mieux, il en redemandait! Il arrive trop souvent qu'on sous-estime l'importance de l'environnement dans l'entraînement. Alors qu'il représente une de ses composantes essentielles. Surtout en natation! Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi la majorité des champions australiens viennent du Queensland (*)? Tout simplement parce qu'ils rencontrent là-bas des conditions climatiques exceptionnelles qui leur permettent d'évoluer quasiment toute l'année en plein air. C'est quand même plus sain de nager au soleil que dans une piscine de 25 mètres au milieu d'effluves chimiques et de pollution.


  •         Comment expliquez-vous alors qu'en Russie, de très nombreux champions étaient originaires de Sibérie ?
        Exact! Souvent, ils étaient issus de familles qui avaient fait fortune dans l'industrie du nickel. Et, dès qu'elles le pouvaient, ces familles envoyaient leurs gosses sur les rives de la Mer Noire où ils résidaient l'essentiel de l'année. Non, je pense vraiment qu'il est vital que les centres d'entraînement se développent dans des cadres naturels. En France, le Cannet a épousé cette logique. Et ce n'est pas un hasard si Manaudou a choisi de venir s'y entraîner l'année passée. Je préfère cela aux nombreuses piscines situées au beau milieu des villes avec leur lot de pollution et de champs électromagnétiques. C'est aussi la raison pour laquelle je m'oppose à tout cet appareillage électronique que l'on trouve désormais autour des bassins pendant les compétitions! Ce matériel-là agit sur le système nerveux des athlètes comme autant d'ondes négatives.


  •         Vous parlez de la natation en termes quasi philosophiques…
        Bien sûr! Tout cela fait partie d'un ensemble qui vise in fine à développer la personnalité de l'athlète. J'envisage mon rôle comme celui d'un metteur en scène qui ne cherche pas à dominer les acteurs mais qui les dirige au contraire pour qu'ils puissent exprimer leur talent, et cela dépasse le cadre sportif. L'année passée, j'ai voulu savoir ce qu'étaient devenus les nageurs que j'avais formés il y a plus d'une vingtaine d'années en Union soviétique. Je me suis aperçu qu'aujourd'hui, ils occupaient presque tous des postes importants! Certains sont responsables de lutte contre le terrorisme, d'autres sont actifs dans la magistrature... Bref, ils ont réussi leur vie après la natation.


Propos recueillis par Alain Coltier
Sport et Vie - Hors Série n 21
Spécial Natation

(*) Le Queensland est un des 6 Etats d'Australie. C'est celui qui affiche la plus importante croissance démographique. Il est bordé sur plus de 2000 km de côtes par la Grande Barrière de Corail.
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LAUGHLIN ? Les "séries de jambes" en valent-elles la peine ?

Terry Laughlin est le fondateur et le directeur de Total Immersion Swimming

    Comme certains des plus rapides nageurs du monde font merveille avec une planche - les champions mondiaux et olympiques Ian Thorpe, Alexandre Popov, Grant Hackett et Pieter VandenHoogenband peuvent tous franchir 50 mètres en moins de 30 secondes de cette façon de nombreux nageurs en viennent à la conclusion qu'ils devraient également être des virtuoses de la planche et y consacrer d'innombrables heures d'entraînement.
    Bien qu'un grand nombre des plus rapides nageurs du monde aient aussi des battements de jambes très rapides, j'hésite à tirer la conclusion suivante :
1. ils s'entraînent très fort avec la planche; donc...
2. ils accélèrent leur propulsion avec la planche; donc...
3. ils nagent très vite.

    Je suis plutôt porté à penser que les attributs physiques qui leur permettent de nager plus rapidement que qui que ce soit d'autre leurs permettent aussi de pousser une planche plus rapidement que qui que ce soit d'autre. Je doute que les séries de jambes avec planche rehaussent la vitesse, et je me demande même, à supposer que les nageurs et leurs entraîneurs osent délaisser l'entraînement avec la planche pendant une saison, s'ils perdraient vraiment de la vitesse ou s'ils ne deviendraient pas de meilleurs nageurs?

    Voici une expérience que vous voudrez peut-être essayer. Demandez à être filmés (sous l'eau) en battant des jambes avec une planche, puis en nage libre. Si vous étudiez les deux vidéos au ralenti, vous verrez qu'il y a très peu de ressemblance entre le battement des jambes avec une planche et ce que font vos jambes quand vous nagez. Je crois que le battement des jambes " avec planche " diffère tellement du battement de jambes " au naturel " que l'entraînement avec une planche est surtout efficace pour entraîner vos jambes à pousser une planche sur toute la longueur de la piscine, mais fait très peu pour les entraîner à battre plus efficacement pendant que vous nagez.


  • À quoi sert le battement des jambes ?
    La plupart des nageurs et des entraîneurs se demandent peut-être à l'occasion dans quelle mesure les jambes contribuent à la vitesse, sans oser toutefois prendre le risque de ne pas faire de séries de jambes avec une planche. En fait, le battement des jambes contribue quelque peu
à la propulsion, mais pas de la façon que nous nous l'imaginons.
Je crois que la plupart des gens pensent qu'il leur faut un bon battement des jambes pour l'une des raisons suivantes :
" Si mes bras peuvent propulser mon corps à 4 pieds/seconde et que mes jambes peuvent le faire à 2 pieds/seconde, ensemble ils propulsent donc mon corps à 6 pieds/seconde ".
" Si je travaille vraiment très fort à ces séries de jambes avec la planche, j'aurai un "moteur" plus puissant ".
Il est vrai qu'un nageur qui bat des jambes avec une planche crée de la propulsion, et parfois même une propulsion très rapide. Mais cela ne nous dit rien sur ce qu'un battement de jambes beaucoup plus puissant peut vraiment ajouter à la nage complète ni sur la dépense d'énergie nécessaire à l'accélération ainsi obtenue.


  • Mesurer l'effet véritable du battement des jambes
      Dans les années 50, le chercheur-entraîneur Doc Counsilman a mis au point une expérience visant à mesurer ce que le battement des jambes ajoutait à la propulsion. Il a " remorqué " des nageurs en position de glissement à diverses vitesses, avec et sans battement de jambes. Il a mesuré la tension du câble utilisé pour vérifier si elle était plus grande, identique ou moins élevée lorsque le nageur battait des jambes ou se laissait glisser.
    Le battement des jambes ne diminuait la tension du câble (c.-àd. qu'il ajoutait à la propulsion) que lorsque la vitesse de traction était faible et que le nageur battait des jambes avec un effort
maximum.
    Cependant, à toutes les vitesses supérieures à 5 pieds/seconde (1 minute 8 secondes le 100 mètres), le battement des jambes ne contribuait aucunement à la vitesse et, dans certains cas, produisait même une résistance accrue! Imaginez une traction avant et une traction arrière sur le même véhicule. Si les roues avant tournent à 30 mi/h, mais que les roues arrière tournent à 20 mi/h, la vitesse totale du véhicule ne sera pas de 50 mi/h, mais se situera plutôt à moins de 30 mi/h puisque les roues arrière créent une résistance. Le même phénomène se produit lorsqu'un nageur dont le mouvement des bras est raisonnablement efficace utilise un battement des jambes moins efficace.
Le battement des jambes consomme de l'énergie et crée de la résistance.


  • Plus d'effort, moins de vitesse.
    La dépense d'énergie liée au battement des jambes a aussi été mesurée. Plusieurs études des 30 dernières années ont évalué la consommation d'oxygène des nageurs de compétition avec battement des bras seulement, battement des jambes seulement ou mouvement complet.
Chaque étude a démontré qu'un battement des jambes vigoureux augmentait considérablement la dépense d'énergie requise pour se déplacer à une vitesse donnée. Dans une de ces études, un battement de jambes d'une vitesse approximative de 60 secondes le 50 verges, soit une vitesse plutôt modérée pour un nageur de compétition, exigeait quatre fois plus d'oxygène que le battement des bras à la même vitesse.

Une conclusion s'impose : le battement des jambes n'ajoute que relativement peu de propulsion à un style de nage efficace, mais il peut augmenter beaucoup la résistance et accroître énormément la dépense d'énergie du mouvement complet si on lui accorde trop d'importance. Par conséquent, les nageurs devraient tout faire pour maximiser l'avantage de leur battement de jambes tout en
minimisant les efforts qu'ils y consacrent.

Cet article est tiré du chapitre 8 de Swimming Made Easy.
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